progressive rock
Procol Harum
Si le contenu de la production du groupe deviendra plus tard très « chanson », Procol Harum s’inscrit dans les précurseurs du rock progressif avec ses fréquentes références à la musique classique et ses compositions aux accents majestueux. La carrière du groupe sera très largement écrasée par le succès phénoménal de « A Whiter Shade of Pale », sorti quelques mois plus tôt, et qui ne figurait pas sur l’édition originale de cet album.
Volume One
Soft Machine est l’un des premiers tenants de ce qu’on appellera la scène de Canterbury, emplacement géographique (évidemment !) et courant progressiste où l’on retrouvera Caravan notamment. La formation originale comprend Mike Ratledge (Claviers), Kevin Ayers (guitares) et Robert Wyatt (batterie, chant). En déstructurant totalement les formes du rock, Soft Machine est, avec Syd Barrett et Pink Floyd, le grand innovateur du moment.
Yer’ Album
Le premier album du James Gang est un grand fourre-tout… ça fourmille d’idées, ça part dans tous les sens et tous les styles : les titres hard rock cotoient les arrangements de cordes, les morceaux construits succèdent à de longues jam sessions. Mais au milieu de cette décontraction totale et de cette absence de cohérence, les parties de guitare de Joe Walsh son superbes, sa voix aussi, et c’est au final l’immense potentiel du groupe du ressort.
Banana Moon
Daevid Allen, australien installé en Angleterre, est une personnalité originale de la « scène de Canterbury ». Il est d’abord membre de Soft Machine, puis fonde Gong en France. Il enregistre ce premier album solo avec des membres du groupe et une poignée d’amis, dont Robert Wyatt… Un disque avec quelques excentricités, évidemment apparenté au fameux « Camembert Electrique » qui sortira peu de temps après…
Five Bridges
Keith Emerson s’est forgé, dès le départ, avec The Nice une réputation de « Jimi Hendrix des claviers ». Spectaculaire, il bouscule en effet ses instruments (plantant même des couteaux entre les touches !)… S’ils présentent un intérêt historique certain, les albums du groupe ont plutôt mal vieilli, mais celui-ci s’approche déjà beaucoup de ce que fera Emerson avec ELP. Nice se sépare l’année de la sortie de ce disque.
Whatevershebringswesing
L’un des grands disques de Kevin Ayers… Tantôt avant-gardiste, tantôt symphonique, tantôt simple à la limite de la désuétude, tantôt fou, tantôt hyper mélancolique : un bel exemple des multiples facettes du vagabond de la scène de Canterbury. Il est ici accompagné par David Bedford (compositeur de musique contemporaine), Robert Wyatt, Mike Oldfield, Didier Malherbe du groupe Gong avec lequel il vient de tourner en Europe.
Pawn Hearts
Avec la voix sépulcrale de Peter Hammill et la construction musicale somptueuse des autres membres, Van der Graff signe une nouvelle réussite. Un groupe qui, à la manière d’un Velvet Underground, a fortement influencé les générations suivantes et dont le son résiste étonnamment bien à l’épreuve du temps.
Octopus
Le groupe des trois frères Shulman est devenu culte pour beaucoup, grâce à une poignée d’albums exceptionnels au début des années 70. Gentle Giant, c’est une sorte de condensé du meilleur de ce qui existe dans le rock progressif de l’époque, de King Crimson à ELP, de Yes à Jethro Tull. Avec ce quatrième album le groupe est en passe de rejoindre ces célèbres émules au niveau de la popularité. Il n’y parviendra pourtant pas et disparaîtra en 1980. Ray Shulman sera plus tard un producteur de renom, il travaillera notamment sur les premiers albums de Björk avec Sugarcube.
Le cimetière des arlequins
Ange, les très dignes émules Franc-Comtois des Genesis ou Yes, a fortement marqué la scène française et ce deuxième album supporte largement la comparaison avec les productions du rock progressif anglophone. A noter l’excellente adaptation de « Ces gens-là » de Brel, à l’époque il fallait oser !…
Quadrophenia
C’est après la publication d’une version avec orchestre symphonique de « Tommy » que Pete Townshend se lance dans un nouveau projet d’envergure. La formule ambitieuse de l’opéra-rock commence à faire usée et l’accueil de la critique est plutôt mitigé. Il est vrai que le Who n’apportent pas ici grand chose de plus à la légende (qu’ils sont et resteront de toute façon), mais ce double album est alors un gros succès mondial.
Slow Dazzle
Troisième grand album en trois ans : John Cale est très prolifique au début de cette décénie. Il y fait peut-être plus que jamais figure de légataire officiel du Velvet. A noter pour la petite histoire, une version plutôt surprenante, très actualisée et parfaitement négociée du « Heartbreak Hotel » d’Elvis Presley.
Animals
En cette année punk, Pink Floyd épouse le nihilisme ambiant avec cet album sombre où la condition de la race humaine est ramenée à celle des chiens, des cochons et des moutons ! Le groupe, qui n’a plus rien à craindre commercialement, peut se permettre sans risque de ne proposer que des morceaux étendus, entre 10 et 17 mn !

