1976 Album

High Voltage

par AC/DC

5,0(3)
Sortie 1976
Artiste AC/DC

High Voltage, AC/DC (1976) : l’électricité venue d’Australie

En 1973, à Sydney en Australie, Malcolm Young fonde AC/DC avec son frère Angus. Ce que ces deux frères d’origine écossaise transplantés en Australie vont construire au fil de la décennie est l’un des phénomènes les plus massifs de l’histoire du rock. High Voltage, la version internationale de leur musique sortie en 1976 chez Atlantic Records (compilant des titres des deux premiers albums australiens), est l’album qui introduit AC/DC au reste du monde. Et le monde, progressivement, comprend qu’il a devant lui quelque chose d’unique.

Angus Young : l’écolier au riff d’acier

La décision d’Angus Young de monter sur scène en uniforme scolaire est une des plus brillantes décisions visuelles de l’histoire du rock. Ce costume dit tout ce qu’il faut dire sur AC/DC : le rock comme jeu d’enfant sérieux, l’innocence et la puissance combinées, la jeunesse perpétuelle de la musique la plus primaire qui soit. Angus danse, saute, se roule par terre avec une énergie qui épuiserait n’importe quel adulte raisonnable. Et pendant tout ce temps, ses mains jouent des riffs d’une précision et d’une force qui contredisent radicalement l’apparence de l’enfant qui joue.

Le jeu de guitare d’Angus Young est une leçon de minimalisme efficace. Il ne cherche pas la complexité. Il cherche le riff parfait – celui qui ne peut pas être plus simple sans perdre son effet, qui ne peut pas être plus complexe sans perdre sa force. « It’s a Long Way to the Top (If You Wanna Rock ‘n’ Roll) » a l’un de ces riffs. « TNT » en a un autre. Chaque chanson du groupe construit sur ce principe : une fondation rythmique et mélodique si solide qu’elle peut supporter n’importe quelle amplification.

Bon Scott : la voix qui défie les catégories

Bon Scott est l’un des grands chanteurs de rock de sa génération, et l’un des plus mal compris. Sa voix est rauque, abrasive en surface, avec une puissance physique impressionnante. Mais ce qu’il en fait dépasse largement la simple démonstration de volume. Scott a une façon de phraser, de placer les mots sur le riff, qui est d’une précision rythmique que peu de chanteurs de rock peuvent égaler.

Ses textes sont directs, souvent humoristiques, toujours assumés dans leur franchise. Il chante la vie de tournée, les concerts dans des salles minuscules, les rêves de grandeur musicale. C’est de l’autobiographie rock à l’état pur, sans romantisme excessif ni cynisme déguisé. Scott dit ce qu’il vit et le dit bien.

Malcolm Young et la rhythm guitar comme architecture

Le génie méconnu d’AC/DC est Malcolm Young, le frère aîné qui joue la guitare rythmique. Son rôle est moins spectaculaire que celui d’Angus, mais c’est sur la fondation de Malcolm que tout repose. Il joue des accords de power guitar avec une régularité métronome et une puissance physique qui créent la muraille sonore sur laquelle Angus peut improviser. Sans Malcolm, les solos d’Angus n’auraient pas le même impact. Sans la fondation, l’ornement n’existe pas.

Mark Evans à la basse et Phil Rudd à la batterie (Rudd rejoint le groupe en 1975) complètent une section rythmique d’une solidité remarquable. Phil Rudd en particulier va devenir l’un des batteurs de rock les plus copiés et les moins remplaçables de l’histoire du genre.

Le chemin vers la gloire mondiale

High Voltage lance AC/DC sur la scène internationale. Les tournées qui suivent – en Angleterre, en Europe, puis aux États-Unis – vont progressivement transformer ce groupe australien en phénomène mondial. Quand paraîtra Highway to Hell en 1979 et Back in Black en 1980, la machine sera lancée à une vitesse que rien ne pourra arrêter. Mais tout commence ici, dans l’électricité australienne des frères Young.

La note des passionnés

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