If You Want Blood You’ve Got It, AC/DC (1978) : l’énergie à l’état pur
Il y a des albums live qui capturent quelque chose d’irremplaçable. If You Want Blood You’ve Got It, enregistré à Glasgow le 30 avril 1978 et sorti en octobre de la même année chez Atlantic Records, appartient à cette catégorie. C’est le document le plus parfait de ce qu’AC/DC était sur scène : direct, irrésistible, un groupe qui joue avec l’engagement total de ceux qui croient profondément dans leur musique.
Glasgow et son public
Le public écossais est réputé dans toute l’industrie musicale pour son intensité : il acclame ce qu’il aime avec une générosité absolue. Jouer à Glasgow et obtenir la réponse massive qu’on entend sur cet enregistrement, c’est une validation qui ne se discute pas. La salle entière participe, et cela s’entend dans l’enregistrement même à travers les haut-parleurs.
Bon Scott est en grande forme cette nuit-là. Il incarne chaque chanson avec une conviction qui va au-delà de la performance – il vit les textes qu’il chante, avec le sens du jeu et de la communication directe qui font de lui l’un des meilleurs frontmen de l’histoire du hard rock.
Let There Be Rock : la démonstration
« Let There Be Rock » en version live atteint une dimension différente de la chanson studio. Le solo d’Angus Young s’allonge naturellement, tourne sur lui-même, monte et redescend dans un développement spontané. La durée de sept ou huit minutes passe à la fois trop vite et trop lentement. C’est l’effet que la grande musique de concert produit : on souhaite que cela continue et on est satisfait quand cela se conclut.
C’est ici que la magie d’un concert d’AC/DC s’explique le mieux : Angus Young joue devant dix mille personnes avec la même concentration qu’il joue dans une salle de répétition. La taille de la salle ne change rien à son engagement, et cet engagement se transmet.
Phil Rudd et la constance rythmique
Phil Rudd à la batterie est le gardien du groove de toute la soirée. Quel que soit le tempo, quelle que soit l’intensité des autres instruments, il maintient une pulsation d’une solidité et d’une précision remarquables. Son jeu n’est jamais robotique – il y a toujours cette légère humanité dans le placement qui donne au groove sa chaleur – mais il est d’une constance qui permet à tout le reste de fonctionner librement.
Un document irremplaçable
If You Want Blood You’ve Got It capture Bon Scott et la formation classique d’AC/DC dans un moment de plénitude scénique. C’est aussi l’un des derniers grands documents de cette formation avant Highway to Hell l’année suivante. Pour quiconque veut comprendre pourquoi AC/DC compte parmi les groupes live les plus importants de l’histoire du rock, cet album est le point de départ nécessaire.
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