Powerage, AC/DC (1978) : la puissance dans l’épure
Si High Voltage a introduit AC/DC au monde, Powerage confirme que ce groupe est bâti sur des fondations musicales solides. Sorti en mai 1978 chez Atlantic Records, produit par Harry Vanda et George Young (frère aîné d’Angus et Malcolm), cet album est souvent cité par les fans les plus convaincus du groupe comme leur préféré : pas encore le budget de Highway to Hell, pas la perfection polie de Back in Black, mais la machine AC/DC dans son état le plus direct et le plus honnête.
Sin City : l’atmosphère en deux accords
« Sin City » est une des grandes chansons d’AC/DC. Le riff de Malcolm Young pose immédiatement une atmosphère – nocturne, tendue, implacable – sur laquelle Bon Scott construit un texte qui parle des plaisirs et des tensions d’une grande ville avec ce mélange de fascination et de lucidité qui caractérise ses meilleurs textes. Malcolm frappe chaque accord avec une précision absolue, maintenant le groove qui donne à la chanson sa puissance physique.
C’est une leçon de rock : la force d’un groupe vient de la cohérence de l’ensemble. Angus peut improviser librement parce que Malcolm, Phil Rudd et Mark Evans tiennent une fondation implacable. Cette confiance mutuelle est au coeur du son d’AC/DC.
Rock’n’Roll Damnation : l’accès grand public
« Rock’n’Roll Damnation » est le single de l’album et l’un des plus accessibles de toute la discographie du groupe. Il y a dans ce titre une légèreté relative, une qualité presque pop dans le traitement du refrain, qui le distingue du hard rock pur du reste de l’album. Ce n’est pas un compromis artistique : c’est la preuve qu’AC/DC peut élargir son public sans se trahir.
Harry Vanda et George Young connaissent le groupe mieux que n’importe quel producteur extérieur. George Young a lui-même été musicien avec les Easybeats dans les années soixante, et il sait instinctivement comment enregistrer un groupe de rock qui joue avec conviction et cohésion.
Angus Young : le solo comme identité
Angus Young développe sur cet album des solos d’une efficacité que même ses admirateurs peuvent parfois sous-estimer. Il ne cherche pas la virtuosité technique pour elle-même. Il cherche le solo parfaitement adapté à la chanson, celui qui augmente l’impact émotionnel de l’ensemble sans jamais s’y substituer. Cette discipline est une forme de sophistication que le rock hard n’affiche pas toujours.
La route vers le sommet
Powerage est l’avant-dernier album avec Bon Scott. Highway to Hell l’année suivante sera leur premier grand succès commercial international. Mais Powerage, dans sa franchise et sa puissance brute, reste l’un des documents les plus purs de ce que le groupe peut être – avant que la production plus sophistiquée de Mutt Lange ne vienne polir le son.
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