1976 Album

Destroyer

par KISS

4,5(1)
Sortie 1976
Artiste KISS

Destroyer, KISS (1976) : le cirque le plus sérieux du monde

KISS est l’un des groupes les plus polarisants de l’histoire du rock. Ceux qui les adorent les adorent absolument ; ceux qui ne les comprennent pas ne les comprennent jamais vraiment. Ce groupe de New York formé en 1973 par Gene Simmons, Paul Stanley, Ace Frehley et Peter Criss a construit son identité sur trois éléments indissociables : le maquillage de scène (chaque membre a son personnage – le Démon, l’Étoile, le Félin, le Faucon de l’Espace), la pyrotechnie spectaculaire de leurs concerts, et des chansons de hard rock accessibles et mémorables. Destroyer, sorti en 1976 chez Casablanca Records et produit par Bob Ezrin, est l’album qui équilibre le mieux ces trois éléments.

Bob Ezrin et la vision d’ensemble

Bob Ezrin, qui avait produit Berlin de Lou Reed et qui allait produire The Wall des Pink Floyd quelques années plus tard, est le producteur idéal pour donner à KISS l’album qu’ils n’ont pas encore réussi à faire. Il comprend la grandeur théâtrale de leur concept tout en ayant l’exigence d’un musicien sérieux. Il fait travailler le groupe plus dur qu’ils ne l’avaient jamais fait, insiste sur la qualité des arrangements, donne aux chansons une ampleur orchestrale qui les distingue de tout ce qu’ils ont produit auparavant.

Ezrin apporte également des arrangements de cordes et de choeurs qui s’écartent du hard rock pur de leurs albums précédents mais qui fonctionnent dans le contexte de la grandeur baroque que KISS cherche à atteindre. Ce n’est pas du rock dilué. C’est du rock amplifié, mis en scène avec une ambition qui correspond à la démesure de leur spectacle.

Detroit Rock City : l’ouverture épique

« Detroit Rock City » ouvre l’album avec une introduction narrative avant d’exploser en hard rock d’une efficacité redoutable. La chanson a le dynamisme et l’urgence des meilleures chansons du groupe, avec un refrain immédiatement mémorisable et une construction qui monte progressivement avant de se libérer dans la section finale. C’est du hard rock de conception et d’exécution parfaites.

Paul Stanley chante avec une conviction totale qui transforme les textes les plus simples en quelque chose qui fonctionne. Sa voix a une clarté et une puissance qui sont les instruments principaux du chant de hard rock américain.

Beth : l’anomalie magnifique

« Beth » est une ballade au piano, chantée par Peter Criss, qui est à tous les égards l’opposé de ce que KISS représente. Pas de guitare électrique, pas de hard rock, pas de spectacle pyrotechnique. Une mélodie simple et sincère sur un musicien qui dit à sa femme qu’il ne peut pas rentrer parce que les répétitions n’ont pas pris fin. C’est une chanson tellement directe et tellement humaine qu’elle desarme tous les sceptiques.

« Beth » atteint le top 10 du Billboard Hot 100 et devient le plus grand succès commercial du groupe jusqu’alors. Son existence dans la discographie de KISS dit quelque chose d’important : derrière le spectacle et les personnages, il y a des musiciens qui ont quelque chose d’authentique à dire.

L’héritage du grand spectacle

Destroyer se vend à plusieurs millions d’exemplaires et lance KISS dans une période de succès commercial massif. Il prouve que le hard rock spectaculaire peut être à la fois musicalement sérieux et commercialement accessible. Pour quiconque veut comprendre l’impact culturel de KISS, cet album est le point de départ nécessaire.

La note des passionnés

4,5 /5

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Destroyer