Sortie 1976
Artiste RAINBOW

Ritchie Blackmore quitte Deep Purple en 1974 et forme Rainbow avec le chanteur Ronnie James Dio et l’inévitable Cozy Powell à la batterie. Fameux guitariste pionnier du hard rock avec ses riffs mythiques, ses solos légendaires, il forme ici un trio de choc qui signe l’un des meilleurs albums du hard rock.

Blackmore et la liberté retrouvée

Ritchie Blackmore quitte Deep Purple après « Stormbringer » (1974), un album qui incorpore de la soul et du funk que Blackmore juge incompatibles avec sa vision du groupe. Il veut faire quelque chose de plus médiéval, de plus épique, inspiré du classique et du folklore européen. Rainbow est la réponse. Avec Ronnie James Dio, rencontré dans le groupe américain Elf, il trouve le chanteur idéal pour cette vision : une voix opératique capable de passer des nuances les plus douces à des crescendos d’une puissance dévastatrice.

Cozy Powell à la batterie complète le duo avec une présence physique et une technique qui font de lui l’un des batteurs les plus redoutés du hard rock européen. Sa façon de frapper la grosse caisse est une expérience en soi : chaque coup résonne comme un canon. Ensemble, Blackmore, Dio et Powell forment un trio qui dépasse de loin la somme de ses parties.

Stargazer, l’hymne épique

« Stargazer » est peut-être la chanson la plus ambitieuse que Ritchie Blackmore ait jamais enregistrée. Huit minutes trente d’une épopée médiévale-fantastique sur un sorcier qui fait construire une tour pour toucher les étoiles, avec des orchestres de cordes (le Munich Philharmonic), des chœurs, des solos de guitare qui montent dans des espaces que peu d’autres guitaristes oseront atteindre. Dio chante avec une conviction absolue des paroles qui auraient pu être ridicules dans d’autres bouches mais qui, sous sa voix, prennent une majesté naturelle.

La section rythmique de « Stargazer » est extraordinaire. Cozy Powell joue avec une précision millimétrée et une puissance qui transforme le backbeat en force de la nature. Jimmy Bain à la basse soutient avec une solidité qui permet à Blackmore et Dio d’aller aussi loin qu’ils veulent. Produit par Martin Birch, qui produira plus tard Iron Maiden, l’album sonne avec une clarté et une profondeur rarement atteintes dans le hard rock de l’époque.

Ritchie Blackmore à la guitare
Ritchie Blackmore, l’un des guitaristes fondateurs du hard rock européen, avec Rainbow

A Light in the Black et la suite parfaite

« A Light in the Black » ferme l’album avec douze minutes d’un hard rock symphonique qui n’emprunte rien à personne. Blackmore y improvise des solos sur des structures harmoniques complexes, Dio chante avec une urgence qui semble physiquement impossible à maintenir aussi longtemps, et Powell joue comme si sa vie en dépendait. C’est de la musique qui exige tout de ses interprètes et qui obtient tout en retour.

Ronnie James Dio sera remplacé après deux albums par Graham Bonnet, puis par Joe Lynn Turner, Rainbow adoptant un son plus commercial pour les années 80. Dio formera son propre groupe éponyme et enregistrera « Holy Diver » (1983), l’un des albums fondateurs du metal. Mais « Rising » reste le sommet créatif de Rainbow, l’album qui dit le mieux ce que cette combinaison unique de musiciens pouvait produire quand tout s’alignait parfaitement.

La note des passionnés

4,0 /5

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