1978 Album

Rust Never Sleeps

par Neil YOUNG

4,5
Sortie 1978
Artiste Neil YOUNG

Un Neil Young grand cru! Album fort, mi-acoustique, mi-électrique. Il s’ouvre et se referme sur l’excellent « My My, Hey Hey », chanson hommage au punk et à la liberté créative.

La réponse de Young au punk

En 1977-78, Neil Young observe ce qui se passe à Londres et à New York avec le punk. Il est à la fois fasciné et stimulé : ces jeunes musiciens qui rejettent la sophistication du rock progressif pour revenir à quelque chose de brut et d’urgent lui rappellent pourquoi il a commencé à jouer. Il se sent plus proche des Ramones que des Eagles, même si musicalement son oeuvre s’en distingue.

Le titre « Rust Never Sleeps » vient d’un slogan de Devo, le groupe de rock électronique de l’Ohio. La phrase désigne la rouille comme processus naturel de dégradation : tout finit par se transformer. Pour Young, c’est une métaphore de la nécessité de rester en mouvement créatif, de ne pas laisser son propre son se figer dans la répétition.

My My, Hey Hey et Powderfinger

« My My, Hey Hey (Out of the Blue) » ouvre l’album en version acoustique, et « Hey Hey, My My (Into the Black) » le ferme en version électrique. C’est la même chanson transformée par l’amplification : une méditation sur la permanence du rock comme force culturelle et sur les choix que font les artistes face au temps qui passe.

« Powderfinger » est peut-être la plus grande chanson que Young ait enregistrée dans la deuxième partie des années 70. Une histoire racontée à la première personne avec une construction narrative qui monte vers un final d’une urgence inoubliable. Crazy Horse joue avec une brutalité et une cohérence que peu de formations rock peuvent revendiquer.

Neil Young en concert
Neil Young avec Crazy Horse, la combinaison parfaite entre folk acoustique et puissance électrique

Thrasher et la poésie des plaines

« Thrasher » est une chanson acoustique de sept minutes sur le voyage et la perte des anciens amis. Young y parle de ses ex-compagnons de CSNY avec une mélancolie lucide. C’est Young à son plus direct poétiquement, juste l’autobiographie à peine voilée d’un homme qui a choisi de continuer à avancer.

« Rust Never Sleeps » est généralement considéré parmi les cinq meilleurs albums de Neil Young, aux côtés de « After the Gold Rush », « Harvest » et « Tonight’s the Night ». Sa double structure acoustique/électrique est une solution élégante au problème de l’identité d’un artiste qui est à la fois chanteur folk et guitariste électrique.

La note des passionnés

4,5 /5

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Rust Never Sleeps