Never a Dull Moment
par Rod STEWART
Rod Stewart. Londres, 1972. Il y a quelque chose de particulier dans la façon dont Rod Stewart chantait. Cette voix éraillée, granuleuse, qui semblait avoir été frottée avec du gravier avant chaque performance, portait en elle une humanité et une chaleur qui rendaient chaque chanson personnelle, même les reprises. Sur « Never a Dull Moment », son quatrième album solo, Stewart est au sommet d’une forme qui n’allait peut-être jamais être égalée dans la suite de sa carrière : un interprète de génie qui choisissait ses chansons avec une intelligence et un goût parfaits, et qui les habitait comme si elles avaient été écrites pour lui.
Roderick David Stewart est né à Highgate, Londres, le 10 janvier 1945. Avant de trouver la célébrité, il avait voyagé, chanté dans les rues, joué dans plusieurs groupes sans succès commercial, appris son métier dans les marges du milieu musical britannique. Cette formation dans l’adversité lui avait donné une authenticité et une profondeur émotionnelle qui se sentaient dans tout ce qu’il faisait.
« You Wear It Well » est la chanson emblématique de l’album, une lettre à une ancienne amoureté d’une légèreté et d’une mélancolie qui coexistent avec une grâce naturelle. La mélodie de Stewart et Martin Quittenton est d’une qualité qui semblait venir de la tradition folk britannique et américaine à la fois, une synthèse de ces deux cultures musicales qui avait toujours nourri l’imagination de Stewart.
« I’d Rather Go Blind », la chanson d’Etta James que Stewart chante avec une conviction et une délicatesse qui en font peut-être la meilleure version qui soit, montre sa façon de s’approprier une chanson existante. Stewart ne cherchait pas à imiter l’original mais à trouver ce qui dans la chanson résonnait avec sa propre expérience émotionnelle, et à chanter depuis cet endroit.
Les musiciens des Faces, Ronnie Wood, Ian McLagan, Kenney Jones, forment une grande partie de l’accompagnement, et leur complicité avec Stewart donne à l’album une chaleur et une cohésion qui viennent d’années de collaboration. Ron Wood joue des guitars avec une fluidité et une expressivité qui semblent naturellement complémentaires au phrasé vocal de Stewart.
Mercury Records publiait l’album qui atteignait la première place des charts britanniques. En 1972, Rod Stewart était un des artistes les plus populaires de Grande-Bretagne.
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