1971 Album

Every Picture Tells a Story

par Rod STEWART

4,0
Sortie 1971

Rod Stewart. Londres, 1971. L’été 1971. « Maggie May » passe en rotation constante sur les radios britanniques et américaines. Un morceau de mandoline folk électrique, une voix qui raconte l’histoire d’une liaison entre un adolescent et une femme plus âgée avec le mélange exact de tendresse, d’humour et d’autoportrait légèrement pitoyable qui en font quelque chose d’immédiatement universel. « Every Picture Tells a Story » est devenu simultanément numéro un en Grande-Bretagne et aux États-Unis, un exploit rare qui n’a été réalisé que par une poignée d’artistes avant Stewart.

Roderick David Stewart est né à Highgate, Londres, le 10 janvier 1945. Fils d’un plombier écossais, il a grandi dans les rues du nord de Londres avec cet accent cockney mélangé d’intonations écossaises qui est sa marque sonore. Sa voix rauque et expressive, qu’il a développée en chantant dans les clubs de blues de Londres dans les années 1960 aux côtés de Long John Baldry, de Brian Auger, et dans les Jeff Beck Group, est l’une des voix les plus reconnaissables de toute sa génération.

« Maggie May » était à l’origine la face B du single « Reason to Believe ». Les disc-jockeys qui ont reçu le 45 tours ont retourné le disque et ont passé la face B en se demandant ce que c’était cette mandoline et cette voix qui racontaient cette histoire étrange. Le succès de la face B a enterré la face A. C’est un des retournements les plus délicieux de l’histoire du rock : la chanson qui allait devenir l’un des hymnes de l’époque avait failli rester sur le côté B d’un single oublié.

La mandoline de Pete Sears joue le riff le plus mémorable de l’album, cette phrase ascendante et descendante qui s’imprime dans la mémoire après une seule écoute. Stewart s’entoure pour cet album des musiciens des Faces, Ron Wood, Ian McLagan, Kenney Jones, plus Martin Quittenton qui joue des guitares acoustiques et des banjos avec une délicatesse folk. Le son qui en résulte est celui du rock britannique à son plus naturel et son plus direct.

« Every Picture Tells a Story », le morceau-titre, est une saga de road trip rock and roll d’une énergie et d’un humour que peu d’artistes de sa génération peuvent approcher. Guitarisations sauvages, contre-temps imprévus, une voix qui monte et qui descend avec une liberté totale : c’est du rock and roll dans ce qu’il a de plus joyeux et de plus vital.

Mercury Records avait signé Stewart depuis ses années avec Jeff Beck Group. Sa carrière solo se développait en parallèle avec les Faces, et cette double vie nourrissait les deux projets d’une créativité et d’une énergie qui ne semblaient pas s’épuiser. Stewart en 1971 était à l’apogée d’une période créatrice qui resterait longtemps sans égal dans sa carrière.

Martin Quittenton est le co-auteur de « Maggie May » et de plusieurs autres morceaux de l’album. Ce partenariat d’écriture discret mais productif est l’un des secrets de cet album : deux hommes qui se comprenaient musicalement et qui trouvaient ensemble des chansons qu’aucun des deux n’aurait peut-être trouvées seul.

Sur X : @rodstewart

La note des passionnés

4,0 /5

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