1976 Album

A Night on the Town

par Rod STEWART

5,0(3)
Sortie 1976

Rod Stewart quitte officiellement les Faces en 1976 (Ron Wood, lui, rejoint les Stones). Il assume désormais pleinement un statut de super star. « A Night on the Town » est un album où il s’implique profondément. C’est, dans le droit fil d’Atlantic Crossing, un nouvel opus très réussi.

La séparation des Faces et le choix du solo

Les Faces, le groupe dont Rod Stewart a été la voix depuis 1969, se séparent officiellement en décembre 1975. Ron Wood, le guitariste, vient d’accepter de rejoindre les Rolling Stones après la mort de Brian Jones et le départ de Mick Taylor. Sans Wood, les Faces ne peuvent pas continuer. Stewart n’est pas entièrement malheureux de cette situation : sa carrière solo a déjà dépassé le groupe en termes de ventes et de notoriété.

Il s’installe définitivement en Californie et se retrouve dans le cercle social des stars du rock de la côte ouest : les Eagles, Jackson Browne, Linda Ronstadt. Cette fréquentation va influencer sa musique, même si ce n’est pas ce que ses fans britanniques de la première heure auraient voulu. Tom Dowd, qui avait produit « Atlantic Crossing », revient derrière la console pour « A Night on the Town ».

Tonight’s the Night et le premier numéro 1 américain

« Tonight’s the Night (Gonna Be Alright) » est le single principal de l’album et le premier numéro 1 de Stewart aux États-Unis. La chanson, construite sur une mélodie de piano simple et un arrangement de guitare acoustique, est une séduction directe et sans ambiguïté. Stewart y chante avec une sincérité inhabituellement nue pour un album pop. La chanson restera au numéro 1 pendant huit semaines consécutives, un record de l’époque.

« The First Cut Is the Deepest », reprise de Cat Stevens, est l’autre great hit de l’album. Stevens avait d’abord enregistré la chanson lui-même avant de la donner à d’autres artistes. La version de Stewart, plus orchestrale que l’originale, est devenue pour beaucoup la version de référence. Sa voix éraillée donne à la mélodie une dimension émotionnelle supplémentaire que la version plus folk de Stevens n’avait pas.

The Killing of Georgie et le courage artistique

« The Killing of Georgie (Part I and II) » est la chanson la plus courageuse de l’album. Elle raconte le meurtre d’un ami homosexuel de Stewart, tué lors d’une agression homophobe à New York. En 1976, la chanson est une prise de position remarquable dans un milieu où l’homosexualité est encore rarement évoquée par des artistes mainstream. Stewart y parle avec respect et affection d’un ami gay, raconte sa vie et sa mort sans la moindre condescendance, et conclut avec une colère calme : « Was it something that they said? / Georgie boy just smiled and turned away. »

L’album « A Night on the Town » confirme la transformation de Stewart en superstar internationale capable de passer des ballades sentimentales au rock plus électrique sans perdre son identité vocale unique. Il ne retrouvera pas toujours la qualité de cet album dans les années suivantes, quand les pressions commerciales et les excès personnels commenceront à affecter sa musique. Mais ces années 1975-76 sont son apogée artistique, et « A Night on the Town » en est la preuve la plus solide.

La note des passionnés

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