Sortie 1975

Un live (triple album vinyl à l’origine)… sans doute le meilleur live du meilleur Santana ! On y retrouve ce qui sont déjà ses standards « Oye Como Va » ou « Black Magic Woman », mais aussi de longs instrumentaux qui prennent sur scène toute leur dimension.

Osaka, juillet 1973

Carlos Santana et son groupe donnent trois concerts à Osaka, au Japon, en juillet 1973. Ce sont des concerts de la période la plus créative du groupe : après le triomphe de Woodstock en 1969 et l’explosion commerciale de « Abraxas » (1970) et « Santana III » (1971), le groupe est en pleine mutation. Santana s’est converti à la philosophie de Sri Chinmoy, a adopté le nom spirituel de Devadip, et cherche à intégrer dans sa musique des dimensions transcendantes que le blues-rock de ses débuts ne pouvait pas contenir.

« Lotus » capture ce moment rare où l’aspiration spirituelle et la virtuosité instrumentale se rencontrent au sommet de leurs possibilités respectives. Neal Schon, qui n’a alors que dix-neuf ans, partage les solos de guitare avec Santana avec une maturité qui stupéfie. Gregg Rolie aux claviers, Michael Shrieve à la batterie (dont le solo de « Soul Sacrifice » à Woodstock reste l’une des meilleures performances de batterie jamais filmées), Tom Rutley à la basse : une formation d’exception.

La magie du live

En concert, Santana déploie une énergie et une liberté que ses albums studio ne peuvent qu’approximer. « Oye Como Va » de Tito Puente, transformée par Santana en hymne latin-rock, prend sur scène une ampleur supplémentaire : le groove s’étire, la guitare dialogue avec les percussions, la salle tremble. « Black Magic Woman », que Santana emprunte à Fleetwood Mac et à Peter Green, est réinventée en blues latin qui change de forme à chaque concert.

« Europa (Earth’s Cry Heaven’s Smile) » est peut-être la composition la plus belle de Santana, une mélodie de guitare en mode lydien qui semble flotter au-dessus du monde. En live, elle devient une expérience méditative, avec des solos qui s’allongent et s’enrichissent de nuances impossibles à préparer à l’avance. La foule japonaise, réputée pour son écoute attentive et respectueuse, est le public idéal pour ce type de performance.

Carlos Santana en concert
Carlos Santana, maître de la guitare et créateur d’un son latin-rock unique au monde

L’héritage du Mexique et du Mississippi

Carlos Santana naît à Autlán de Navarro, dans le Jalisco mexicain, en 1947. Son père est musicien de mariachi. Il grandit entre la musique traditionnelle mexicaine et le blues qu’il découvre par les stations de radio américaines. Cette double hérédité musicale est ce qui fait le son Santana : le blues de B.B. King et de John Lee Hooker filtré par la chaleur et le rythme de la musique latine. Personne avant lui n’avait assemblé ces deux traditions aussi naturellement.

« Lotus » sort d’abord exclusivement au Japon, l’un des rares marchés où les triples albums live se vendent bien à l’époque. Il sera disponible en Europe et aux États-Unis plusieurs années plus tard. Sa réputation de meilleur live de Santana est bien établie chez les connaisseurs : l’enregistrement est exceptionnel, les performances au sommet, et la sélection de titres idéale pour présenter toutes les dimensions d’un artiste dont la discographie s’étend sur six décennies.

La note des passionnés

4,0 /5

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L'anthologie continue

Lotus