The Second, Steppenwolf (1968) : Magic Carpet Ride vers la stratosphère

Octobre 1968. Neuf mois à peine après leur premier album, Steppenwolf revient avec The Second, et cette fois ils ne sont plus les nouveaux venus. Born to Be Wild a tout changé. Le groupe joue en salles combles, leur nom est dans tous les journaux de rock, et John Kay sait que la pression est maximale. La réponse ? Un album encore plus ambitieux, encore plus varié, et avec une chanson qui va s’inscrire dans l’inconscient collectif : Magic Carpet Ride. Enregistré au même American Recording Company de Studio City avec Gabriel Mekler à la production, The Second monte jusqu’au numéro trois au Billboard 200, soit trois places de mieux que son prédécesseur. L’album est certifié or à peine quatre mois après sa sortie.

Magic Carpet Ride est l’autre grande chanson de Steppenwolf, leur deuxième hit majeur après Born to Be Wild. Écrite par John Kay et Rushton Moreve, elle atteint la troisième place du Billboard Hot 100 à l’automne 1968. Sa structure hypnotique, son intro de clavier répétitive, la voix de Kay qui monte et descend comme une vague, en font l’un des tubes les plus reconnaissables de l’année. Là où Born to Be Wild était brutale et directe, Magic Carpet Ride est psychédélique et onirique.

L’album est plus varié que le premier. Faster Than the Speed of Life, Don’t Step on the Grass, Sam, Disappointment Number (Unknown) : Steppenwolf montre qu’il peut être blues, psychédélique, politique et introspectif dans le même disque. The Pusher avait déjà montré leur engagement social, Don’t Step on the Grass, Sam enfonce le clou avec une critique en règle de la prohibition du cannabis, courageuse pour l’époque. John Kay n’a jamais eu peur de dire ce qu’il pense, et The Second en est la démonstration la plus complète.

La formation a légèrement changé depuis le premier album. Rushton Moreve est remplacé à la basse par Nick St. Nicholas, Canadien comme Kay, dont la présence renforce la section rythmique. Le son est plus raffiné, la production plus ample, sans rien perdre de la brutalité qui faisait le sel du premier disque. Gabriel Mekler excelle à trouver le bon équilibre entre le chaos rock et la cohérence commerciale.

L’héritage de The Second est indissociable de Magic Carpet Ride, l’une des chansons les plus samplées et les plus reprises de l’histoire du rock classique. Mais l’album mérite d’être écouté dans son intégralité, car il révèle un groupe à la plénitude de ses moyens, capable de diversité sans jamais perdre son identité sonore distinctive. The Second a confirmé que Steppenwolf était bien plus qu’un groupe à tube, qu’il était une force durable du rock américain, avec une vision cohérente et une voix unique.

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