Three Imaginary Boys, The CURE (1979) : la naissance d’un monde
The Cure naît dans la ville de Crawley, dans le Sussex, au sud de l’Angleterre. Robert Smith, Simon Gallup et Lol Tolhurst forment un groupe dont la musique va progressivement développer une esthétique si distincte et si cohérente qu’elle devient un univers à part entière, reconnaissable entre tous. Three Imaginary Boys, premier album sorti en mai 1979 chez Fiction Records, est le point de départ de cette trajectoire. Il est moins sombre, moins développé dans son identité que les albums suivants, mais il contient déjà les germes de tout ce qui va venir.
Robert Smith et la recherche d’une voix
Robert Smith est à dix-neuf ans un compositeur déjà singulier. Sa façon d’écrire des mélodies – fragiles, légèrement mélancoliques, avec des accords qui ne résolvent pas toujours là où on les attend – est distincte de ce que font ses contemporains punk ou new wave. Il y a dans ses chansons une sensibilité particulière, une façon de traiter les émotions avec une précision et une délicatesse qui annoncent les grands albums à venir.
Sa voix, pas encore tout à fait caractéristique à ce stade, cherche son registre propre. Elle le trouvera pleinement sur les albums suivants, mais on peut déjà entendre ici les directions qu’elle va prendre : cette façon d’être présent dans la chanson sans jamais se mettre en avant, de porter l’émotion sans la dramatiser.
Boys Don’t Cry : la mélodie parfaite
« Boys Don’t Cry » n’est pas incluse dans toutes les versions de l’album mais elle est souvent associée à cette période. Elle illustre parfaitement la capacité de Smith à écrire des mélodies immédiatement mémorables à partir de structures d’accords simples mais bien choisies. La chanson dit quelque chose de vrai sur la façon dont les hommes apprennent à comprimer leurs émotions, avec une légèreté musicale qui rend le propos plus efficace que la lourdeur ne l’aurait fait.
Le post-punk de Fiction Records
Fiction Records, le label qui signe The Cure, est à cette époque en train de définir ce que le post-punk britannique peut être : plus mélodique et plus introspectif que le punk originel, mais conservant son énergie et son refus de la facilité commerciale. The Cure va contribuer à définir ce territoire avec une cohérence remarquable dans les années qui suivent.
Lol Tolhurst à la batterie joue avec la sobriété caractéristique du post-punk : pas de remplissage, pas de complexité pour elle-même, juste la structure rythmique nécessaire pour que les compositions de Smith respire correctement.
Le premier pas vers les grands albums
Three Imaginary Boys est l’album d’un groupe en train de trouver son chemin. Seventeen Seconds, Faith et Pornography vont ensuite pleinement réaliser la vision de Smith. Mais le premier pas est ici, et il est déjà significatif.
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