T. Rex. Londres, 1972. Marc Bolan était en feu. L’année 1972 était l’apogée de sa gloire, un moment où T. Rex régnait sur les charts britanniques avec une autorité et une régularité qui n’avaient pas d’équivalent dans l’histoire du rock populaire depuis les Beatles. « The Slider », le deuxième album de la période de glam rock après « Electric Warrior », confirme que Bolan n’était pas une étoile filante mais un compositeur d’une richesse et d’une régularité stupéfiantes, capable de produire chanson après chanson d’une qualité et d’une mélodicité qui semblaient inépuisables.
Mark Feld, dit Marc Bolan, né à Hackney, Londres, le 30 septembre 1947, avait traversé plusieurs vies musicales avant d’arriver à T. Rex. Le folk acoustique de Tyrannosaurus Rex, les albums de poésie psychédélique, le passage au rock électrique : chaque étape avait été une préparation pour ce moment de triomphe. Bolan avait compris avant quiconque que le glam rock n’était pas seulement une esthétique visuelle mais une façon d’écrire des chansons pop qui avaient la légèreté et l’immédiateté de la grande pop des années 1950 et 1960, habillée d’une sensibilité camp et d’une sophistication harmonique discrète.
« Metal Guru » ouvre l’album dans une gloire absolue, un hymne qui semble réunir en lui toutes les qualités de la grande chanson T. Rex : un riff de guitare simple et mémorable, une structure répétitive hypnotique, des paroles qui mêlent l’absurde et le lyrique dans un cocktail qui n’appartient qu’à Bolan. « Metal Guru » fut le cinquième numéro un britannique de T. Rex en dix-huit mois, un record qui témoigne de la domination absolue du groupe sur les charts.
« Telegram Sam » était sorti comme single avant l’album, une autre chanson construite sur un riff de guitare irrésistible et une énergie de rock and roll primaire que Bolan canalisait avec la précision d’un artisan conscient de ses outils. Les voix de fond que Tony Visconti avait arrangées donnaient à la chanson une dimension chorale qui en amplifiait la grandeur.
« Ballrooms of Mars » et « Spaceball Ricochet » montrent Bolan dans son mode le plus poétique et le plus intérieur, des chansons d’un lyrisme et d’une beauté tranquille qui contrastent avec les hymnes de rock de l’album. Ces chansons plus douces révèlent un artiste capable de nuance et de profondeur derrière la façade glamour.
Tony Visconti produisait comme toujours avec une maîtrise et une complicité artistique qui faisaient de lui le co-architecte sonore du son T. Rex.
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