1972 Album

Slayed?

par SLADE

4,0
Sortie 1972
Artiste SLADE
Genres glam rock · hard rock

Slade. Birmingham, 1972. Après « Slade Alive! » avait établi leur réputation live, « Slayed? » confirme que le groupe sait aussi construire un album studio d’une cohérence et d’une énergie qui n’ont rien à envier à leurs performances en concert. L’album est aussi un manuel de phonétique approximative : les titres de chansons, délibérément mal orthographiés, « Gudbuy T’Jane », « Mama Weer All Crazee Now », « How D’You Ride », proclament une philosophie musicale qui célèbre l’énergie populaire au détriment de toute forme de prétention académique.

La décision d’orthographier les titres de façon phonétique plutôt que correcte était délibérée et provocatrice. Dans un contexte culturel où le rock progressif affirmait ses ambitions intellectuelles avec une ostentation croissante, Slade faisait exactement le contraire : ils proclamaient leur appartenance au peuple, leur refus de la sophistication comme valeur musicale, leur ancrage dans une tradition populaire directe et sans fioritures. Les fautes d’orthographe n’étaient pas des erreurs. C’était un programme artistique.

« Mama Weer All Crazee Now » est la chanson la plus parfaite de l’album, un modèle d’économie et d’efficacité dans la construction d’un tube de rock populaire. Le riff de Dave Hill est simple, mémorable, et d’une énergie qui fait que la chanson semble toujours plus brève qu’elle n’est en réalité. Noddy Holder chante avec cette conviction totale qui fait que les mots les plus simples paraissent profonds. « We’re all crazy now » : qui pourrait nier ?

« Gudbuy T’Jane » était le pendant mélodique du morceau précédent, une chanson de séparation d’une accroche mélodie et d’une émotion directe qui la distinguent du reste d’un album généralement plus énergique. Ces deux chansons ensemble montraient que Slade n’était pas seulement une machine à tube énergique mais un groupe capable de nuance et de variété dans sa façon d’écrire des chansons populaires.

Noddy Holder et Jim Lea écrivaient la grande majorité des chansons du groupe, une collaboration qui fonctionnait avec une efficacité remarquable. Holder apportait l’instinct populaire et l’exubérance vocale, Lea la sophistication harmonique et la sensibilité mélodique. Ensemble, ils produisaient des chansons qui avaient la qualité essentielle des grands tubes : on les entendait une fois et on les connaissait.

Polydor distribuait l’album qui a atteint la première place des charts britanniques en novembre 1972. Ce succès confirmait que Slade était bien plus qu’un phénomène live : c’était un des groupes de rock populaire les plus efficaces de leur génération.

Sur X : @slade_official

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