1971 Album

Performance: Rockin’ the Fillmore (live)

par HUMBLE PIE

4,0
Sortie 1971
Artiste HUMBLE PIE
Genres blues rock · hard rock

Humble Pie. New York, mai 1971. Le Fillmore East est sur le point de fermer ses portes. Bill Graham, qui a défini ce que la salle de concert rock pouvait être dans les années 1960 et au tournant des années 1970, a décidé d’arrêter. Les derniers concerts dans cette salle légendaire sont des événements. Quand Humble Pie joue au Fillmore East ces nuits de mai, ils donnent le concert de leur vie dans une salle qui tient à donner le meilleur d’elle-même une dernière fois. « Performance: Rockin’ the Fillmore » est la preuve sonore que ce mariage a produit quelque chose de transcendant.

Steve Marriott est à la scène ce que Mick Jagger est à la pose et ce que Roger Daltrey est à la puissance physique : une présence absolue, une capacité à habiter entièrement l’espace d’une scène et à transformer un concert en quelque chose qui n’existe pas au disque. Sa voix est l’une des grandes voix du rock britannique, d’une puissance et d’une expressivité qui rappellent les grands chanteurs de soul noire américaine. Marriott a toujours été aussi à l’aise dans le gospel que dans le hard rock.

Il avait fondé les Small Faces avec Ronnie Lane, Ian McLagan et Kenney Jones en 1965. Les Small Faces avaient été l’un des groupes les plus excitants et les plus originaux de la scène mod londonienne, avec des singles comme « Itchycoo Park », « Tin Soldier » et « Lazy Sunday » qui définissaient le son psychédélique anglais de la fin des années 1960. Quand les Small Faces s’étaient dissous en 1969, Marriott était parti fonder Humble Pie avec Peter Frampton, Greg Ridley et Jerry Shirley.

Peter Frampton, fils d’un professeur d’art, guitariste prodige formé dans l’esthétique de la guitare lead lyrique, apportait à Humble Pie une dimension mélodique et poppy qui balançait la rugosité soul de Marriott. Les deux guitaristes formaient un duo complémentaire : Marriott le rocker instinctif, Frampton le mélodiste sophistiqué. Cette tension était l’une des grandes forces du groupe.

« I Walk on Gilded Splinters » de Dr. John est la pièce centrale du concert, une version de quatorze minutes qui permet à chaque musicien de démontrer l’étendue de ses possibilités. Marriott chante comme si sa vie en dépendait. Sa voix monte et descend avec une intensité physique stupéfiante. Frampton joue des solos d’une beauté mélodique qui contrastent avec la sauvagerie vocale de Marriott. Ridley et Shirley maintiennent un groove hypnotique et imparable qui tient l’ensemble de la performance dans un cadre rythmique solide.

« Four Day Creep », « Stone Cold Fever », les versions de standards soul et blues : tout le concert tourne autour d’une seule conviction, celle que le rock peut atteindre la même profondeur émotionnelle que le gospel et le soul quand les musiciens sont assez habités par leur musique. Humble Pie en 1971 est habité. Chaque note est une conviction.

Cet album double a lancé la carrière américaine de Humble Pie dans les stades et les arènes. Il est devenu l’album de référence du hard rock live des années 1970, cité par des générations de musiciens comme exemple de ce que la musique de scène peut être quand tout s’aligne parfaitement.

Sur X : @humblepieofficial

La note des passionnés

4,0 /5

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