1972 Album

Can’t Buy a Thrill

par STEELY DAN

4,0
Sortie 1972
Artiste STEELY DAN

Steely Dan. New York, 1972. Walter Becker et Donald Fagen arrivent dans le monde du rock avec un premier album qui semble avoir été fabriqué dans un autre univers. « Can’t Buy a Thrill » est l’un des debuts les plus accomplis de l’histoire du rock américain, un disque qui combine la sophistication harmonique du jazz, l’ironie corrosive de la littérature new-yorkaise, et le craftsmanship méticuleulx de la meilleure pop rock de l’époque pour produire quelque chose qui ne ressemble à rien d’autre.

Walter Becker et Donald Fagen s’étaient rencontrés à Bard College dans l’État de New York en 1967. Ils avaient partagé une passion pour le jazz, pour le bebop de Charlie Parker et Thelonious Monk, pour Miles Davis, et aussi pour la tradition de la pop songwriting américaine, pour les standards de Broadway et Hollywood. Cette double culture, le jazz et la pop, allait définir l’esthétique de tout ce qu’ils allaient créer ensemble.

« Reelin’ in the Years » est peut-être la démonstration la plus parfaite de ce que Steely Dan faisait mieux que quiconque : prendre une structure pop simple et l’habiller d’harmonies complexes, d’arrangements sophistiqués, et d’une production qui donnait à chaque instrument un espace précis et défini. Le solo de guitare d’Elliott Randall sur ce morceau est régulièrement cité comme l’un des plus beaux solos de l’histoire du rock, une phrase musicale d’une économie et d’une éloquence qui disent tout en quelques mesures.

« Do It Again » ouvrait l’album avec un groove de bongo et une ligne de guitare wah-wah qui semblaient venir d’une Amérique à la frontière du rock et du funk, et les paroles qui accompagnaient cette musique avaient cette qualité particulière de Fagen : des histoires de personnages à la limite de la moralité ordinaire, racontées sans jugement mais avec une précision clinique d’observateur.

ABC Records distribuait l’album. Le label avait accepté de financer un projet qui était beaucoup plus exigeant musicalement que ce à quoi ils étaient habitués, et Becker et Fagen avaient produit quelque chose qui répondait à leurs exigences artistiques les plus hautes.

Le nom du groupe venait d’un objet du roman « Naked Lunch » de William Burroughs, une référence qui signalait l’ambition littéraire des deux fondateurs. Becker et Fagen allaient devenir au fil des années les perfectionnistes les plus exigeants du rock, des artistes qui passaient des années à affiner chaque détail de leurs enregistrements.

Sur X : @steelydan

La note des passionnés

4,0 /5

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Can’t Buy a Thrill