1971 Album

She Used to Wanna Be a Ballerina

par Buffy SAINTE-MARIE

4,0
Sortie 1971
Genres folk rock · soft rock

Buffy Sainte-Marie. 1971. Beverly Sainte-Marie est née dans la réserve Piapot des Cris du Canada en 1941, adoptée par une famille d’origine franco-acadienne et amérindienne du Massachusetts, et elle est devenue l’une des voix les plus importantes et les plus courageuses de la folk music nord-américaine des années 1960 et 1970. « She Used to Wanna Be a Ballerina » est l’album de sa rencontre avec le rock californien, un album de carrefour où sa vision politique et poétique se confronte aux textures électriques de sa génération.

Sa voix est l’une des voix les plus caractéristiques de toute la folk music nord-américaine. Un vibrato intense et dramatique, une façon de traiter les mots avec une attention portée aussi bien à leur sens qu’à leur texture musicale, une capacité à passer de la douceur à la force avec une rapidité qui coupe le souffle. Cette voix n’est pas conventionnellement belle au sens de la tradition pop européenne. Elle est étrange, prenante, inimitable.

Buffy Sainte-Marie avait depuis ses débuts en 1964 porté dans sa musique les questions des droits des peuples autochtones d’Amérique du Nord. « Now That the Buffalo’s Gone », « My Country ‘Tis of Thy People You’re Dying », « Bury My Heart at Wounded Knee » : ses chansons documentaient la réalité historique et contemporaine des peuples indigènes avec une précision et une conviction qui n’avaient pas d’équivalent dans la folk music de son époque. Elle parlait au nom d’une communauté que la culture mainstream américaine continuait d’ignorer.

Sur cet album, elle reprend Neil Young (« Helpless ») et Carole King (« Smackwater Jack ») en les réinterprétant avec une personnalité vocale et une sensibilité musicale qui les transforment en quelque chose de propre. Sa version d' »Helpless » en particulier est d’une beauté et d’une tristesse qui disent quelque chose que la version de Young ne dit pas exactement de la même façon. Les deux versions coexistent et s’enrichissent mutuellement.

Vanguard Records avait été le label de la folk music engagée américaine depuis le début des années 1960, signant Joan Baez, Phil Ochs et d’autres artistes dont les chansons portaient des convictions politiques et sociales. La présence de Sainte-Marie sur Vanguard depuis ses débuts la plaçait dans cette tradition, avec les avantages (un label qui comprenait sa démarche) et les limitations (un label qui n’était pas connecté aux circuits commerciaux mainstream).

« Soldier Blue », chanson de la bande originale du film du même nom sur le massacre de Sand Creek en 1864, avait été l’un de ses plus grands succès commerciaux. La chanson, sur l’extermination des populations indigènes par l’armée américaine, avait trouvé sa place dans le contexte du mouvement contre la guerre au Vietnam, qui avait sensibilisé une partie du public américain aux violences d’État.

Buffy Sainte-Marie continue aujourd’hui à faire de la musique et à s’engager pour les droits des peuples autochtones. Sa carrière de plus de soixante ans est l’une des plus cohérentes et des plus courageuses de toute l’histoire de la musique populaire nord-américaine.

Sur X : @buffysaintemarie

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La note des passionnés

4,0 /5

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