L’alchimiste du rock-n-roll est devenu l’un des acteurs-clés de la vague pub rock anglaise du début des années 70, produisant Brinsley Schwarz, Ducks Deluxe, collaborant avec Graham Parker. Il collabore ici avec Nick Lowe pour offrir un album de rock-n-roll pur et dur.
Cardiff et l’amour du son des origines
David Edmunds naît à Cardiff, Pays de Galles, en 1944. Sa passion musicale est claire dès l’adolescence : il veut retrouver le son des disques Sun Records de Memphis, le craquement des vinyles d’Eddie Cochran et de Gene Vincent, la précision des arrangements de Phil Spector. Ce désir de retrouver une qualité sonore perçue dans les enregistrements des années 50 va définir toute sa carrière.
Il possède son propre studio de Rockfield au Pays de Galles depuis le début des années 70, ce qui lui donne une liberté que peu d’artistes de sa génération peuvent s’offrir : il peut passer autant de temps qu’il veut sur les overdubs, les effets d’écho, la texture sonore des guitares. « I Hear You Knockin' », son grand hit de 1970, illustre parfaitement cette obsession : un son vintage traité avec une précision technologique moderne.
Nick Lowe et la complicité Rockpile
Nick Lowe est le bassiste, chanteur et producteur qui va devenir le compagnon de route naturel d’Edmunds. Ils partagent un amour des structures de chanson simples et efficaces, une culture musicale encyclopédique, et un sens de l’humour discret mais présent. Ensemble, avec Terry Williams à la batterie et Billy Bremner à la guitare, ils forment l’essentiel de ce qui deviendra officiellement Rockpile quelques années plus tard.
« I Knew the Bride » est la chanson la plus énergique de l’album, construite sur un riff de guitare qui aurait pu sortir d’une session de Sun Records en 1957. Edmunds la joue avec une précision et une légèreté qui trahissent des milliers d’heures passées à écouter et réenregistrer les sons des pionniers du rock. « Get Out of Denver » (reprise de Bob Seger) reçoit un traitement similaire : moins de production, plus d’énergie brute.
L’héritage du revivaliste
Dave Edmunds n’a jamais été le plus grand innovateur du rock. C’est volontairement qu’il a choisi de regarder en arrière plutôt qu’en avant : son rôle, tel qu’il le comprenait, était de garder vivant un son que les années 70 avec leurs excès progressifs et leurs productions surchargées étaient en train de faire oublier. En ce sens, il est l’ancêtre direct du mouvement rockabilly revival des années 80 et d’un certain rock garage des décennies suivantes.
« Get It » est un album de plaisir immédiat : on n’y cherche pas la révélation artistique ni la profondeur conceptuelle. On y cherche le groove, la précision des guitares, la joie simple d’entendre des musiciens qui maîtrisent totalement leur genre et qui s’y épanouissent sans complexe. C’est exactement ce qu’il offre, et c’est suffisant pour que l’album reste, quarante ans après, une écoute réjouissante.
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