Empty Glass, Pete TOWNSHEND (1980) : le verre a moitie plein
Pete Townshend est l’un des songwriters les plus importants de toute l’histoire du rock. Auteur des grandes oeuvres des Who – Tommy, Quadrophenia, Who’s Next – il porte sur ses épaules depuis la fin des années soixante le poids d’une ambition artistique gigantesque. Empty Glass, son deuxième album solo sorti en avril 1980 chez Atco Records, est l’oeuvre dans laquelle il exprime le plus directement et le plus sincèrement ses préoccupations personnelles, sans le filtre du groupe et des personnages qu’il crée habituellement pour ses oeuvres conceptuelles.
Let My Love Open the Door : la simplicite parfaite
« Let My Love Open the Door » est l’une des grandes chansons pop de 1980 – l’une des plus simples que Townshend ait jamais écrites, et l’une des plus belles. Elle dit quelque chose de direct et d’universel sur l’ouverture et la connexion humaines, avec une mélodie qui va directement au coeur et y reste. Sa construction harmonique simple est une démonstration qu’un grand songwriter n’a pas besoin de complexité pour faire quelque chose de mémorable.
La performance vocale de Townshend est ici à son meilleur. Il n’est pas le chanteur le plus sophistiqué techniquement, mais il chante avec une sincérité et une conviction qui donnent à ses interprétations une qualité de présence que beaucoup de chanteurs plus habiles n’atteignent pas.
Rough Boys : la réponse au punk
« Rough Boys » est une chanson qui s’adresse à la génération punk, un dialogue entre un vétéran du rock et les nouveaux arrivants. C’est une chanson ouverte et sans condescendance, qui reconnaît dans le punk la même urgence et la même conviction que celles qui animaient le rock de la génération de Townshend.
La recherche spirituelle
Townshend est depuis de nombreuses années associé aux enseignements du maître indien Meher Baba, et cette dimension spirituelle est présente dans plusieurs chansons de l’album. Cette quête n’est pas du prosélytisme : c’est une recherche personnelle que Townshend met en musique avec la franchise qui le caractérise.
Cette dimension spirituelle donne à certaines chansons de l’album une qualité d’ouverture et de luminosité qui contraste avec le côté plus sombre et plus conflictuel de son travail avec les Who.
L’album le plus personnel
Empty Glass est l’album solo de Townshend qui lui ressemble le plus, qui dit le plus directement qui il est en 1980 – ses doutes, ses espoirs, ses certitudes et ses questions. C’est pour cette raison qu’il reste le document le plus précieux de sa carrière hors des Who.
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