You’re Never Alone With a Schizophrenic
par Ian HUNTER
You’re Never Alone With a Schizophrenic, Ian HUNTER (1979) : le lion rugit encore
Ian Hunter est le chanteur et compositeur principal de Mott the Hoople, l’un des groupes glam rock britanniques les plus appréciés des années soixante-dix. Après la séparation du groupe, il poursuit une carrière solo qui, sur ce troisième album sorti en 1979 chez Chrysalis Records, atteint un sommet. Produit avec l’aide précieuse de Mick Ronson – le guitariste qui avait été au coeur du Ziggy Stardust de David Bowie – l’album sonne comme l’oeuvre d’un homme qui sait exactement ce qu’il fait et qui le fait avec un plaisir communicatif.
La collaboration avec Mick Ronson
Mick Ronson est l’un des plus grands guitaristes de rock britannique de sa génération. Son travail avec David Bowie sur Ziggy Stardust et Aladdin Sane lui a valu une réputation méritée de musicien d’exception. Sa collaboration avec Ian Hunter sur cet album est l’une des associations les plus fructueuses de la seconde moitié des années soixante-dix.
Ronson joue de la guitare avec l’énergie et la précision qui sont sa marque, mais il contribue aussi aux arrangements et à la production de façon plus large. Il comprend ce que cherche Hunter – un rock direct et mélodique, américain dans l’esprit si pas dans l’origine – et il lui donne la texture sonore qui convient.
Cleveland Rocks : l’hymne américain
« Cleveland Rocks » est devenu l’un des morceaux les plus connus du répertoire solo d’Ian Hunter, notamment parce qu’elle a été adoptée par la ville de Cleveland (Ohio) comme une sorte d’hymne officieux. C’est une chanson rock directe et entraînante, qui célèbre le rock’n’roll comme force culturelle et qui le fait avec une conviction sincère.
Hunter a une relation particulière avec l’Amérique – comme beaucoup de musiciens britanniques de sa génération, il a une vision romantique de la culture américaine, du rock originel de Sun Records au R&B de Détroit en passant par le rock de Cleveland. Cette vision transatlantique donne à sa musique une texture particulière, ni entièrement britannique ni entièrement américaine.
Just Another Night : la ballade maîtrisée
« Just Another Night » est l’une des ballades de l’album, et elle révèle la face plus douce et plus mélodique d’Ian Hunter, celle que Mott the Hoople a su exploiter sur des chansons comme « All the Young Dudes ». Il sait écrire des mélodies qui restent en tête, des refrains qui touchent juste du premier coup et qui se bonifient à chaque écoute.
Sa voix, caractéristique avec ses inflexions légèrement nasales et son grain particulier, est un instrument expressif qui porte les émotions des chansons avec naturel et sans effort apparent.
Le rock comme art de vivre
Ian Hunter appartient à cette génération de musiciens pour qui le rock n’est pas une carrière ou un business : c’est une façon d’être au monde, une philosophie pratique qui guide les choix artistiques et personnels. Cette conviction profonde se sent sur tout ce qu’il enregistre, et notamment sur cet album qui est l’un de ses plus personnels et des plus convaincants.
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