1989 Album

The Healer

par John Lee HOOKER

4,0
Sortie 1989
Genres blues · blues rock

The Healer, John Lee HOOKER (1989) : la resurrection du sorcier du blues

Il y a des disques qui ressuscitent des legendes, qui ramenent sur le devant de la scene des geants que l’industrie avait remises au placard. The Healer, paru en 1989 chez Chameleon Records, est de ceux-la. A plus de soixante-dix ans, John Lee Hooker, l’un des derniers titans du blues du Mississippi, signe le come-back le plus eclatant de sa carriere et offre au monde une lecon de classe et de groove. Le vieux sorcier du boogie n’avait rien perdu de sa magie noire.

Un boogie venu du fond des ages

Ne dans le delta du Mississippi, monte a Detroit ou il a forge son style inimitable, John Lee Hooker n’a jamais joue le blues comme les autres. Son truc a lui, c’est le boogie hypnotique, ce balancement entete construit souvent sur un seul accord, ponctué de coups de pied au sol et de grognements graves. Une musique primale, presque vaudou, qui semble surgir directement de la terre. A l’heure ou bien des bluesmen de sa generation avaient disparu, Hooker tenait toujours debout, droit comme un chene.

Santana et le titre qui guerit

Le morceau-titre, « The Healer », reunit le vieux maitre et Carlos Santana. La guitare latine et brulante du Mexicain enroule ses volutes autour du boogie de Hooker, et la rencontre fait des etincelles. « Le blues est un guerisseur », proclame le vieil homme de sa voix caverneuse, et on le croit sur parole. Cette collaboration intergenerationnelle donne le ton de tout le disque : Hooker entoure d’admirateurs prestigieux qui viennent lui rendre hommage sans jamais l’eclipser.

Bonnie Raitt et le Grammy

L’autre sommet du disque, c’est « I’m in the Mood », duo sensuel avec Bonnie Raitt. La complicite entre les deux chanteurs est palpable, presque indecente, et la performance leur vaut un Grammy Award. Pour Hooker, c’est la consecration, la reconnaissance officielle d’une carriere qui s’etalait deja sur quatre decennies. Le vieux bluesman, longtemps considere comme une relique, redevient soudain incontournable et branche.

Une brochette d’invites de luxe

Robert Cray, Los Lobos, George Thorogood, Charlie Musselwhite : la liste des invites ressemble a un bottin du meilleur blues-rock de l’epoque. Tous viennent s’incliner devant le maitre, apportant leur energie sans jamais trahir l’esprit profond de sa musique. Le tour de force du disque, c’est justement de moderniser le son de Hooker sans le denaturer. Le boogie reste roi, mais il se pare d’arrangements riches et d’une production lumineuse qui le rendent accessible a un public jeune.

Le triomphe d’un survivant

The Healer relance pour de bon la carriere de John Lee Hooker, qui enchainera ensuite les albums de duos et les apparitions prestigieuses jusqu’a sa mort en 2001. Ce disque prouve qu’un grand artiste ne vieillit jamais vraiment, qu’il suffit parfois d’un coup de projecteur bien place pour rappeler au monde l’evidence d’un genie. Ecoutez ce boogie incandescent, cette voix qui semble remonter du fond des ages, et vous comprendrez pourquoi le blues est, comme le dit son auteur, un guerisseur. John Lee Hooker n’a pas seulement signe un grand disque : il a rappele a une generation entiere d’ou venait toute la musique qu’elle aimait.

— Discographie —

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La note des passionnés

4,0 /5

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