1971 Album

The Concert For Bangladesh

par George HARRISON

4,0
Sortie 1971

George Harrison et amis. New York, 1971. Le 1er août 1971, deux concerts se tiennent au Madison Square Garden. Entre le concert de l’après-midi et celui du soir, quelque chose d’unique se produit : pour la première fois dans l’histoire du rock, des artistes de premier plan se réunissent autour d’une cause humanitaire urgente et donnent le meilleur d’eux-mêmes. Le Concert pour le Bangladesh invente la formule du grand concert de charité, ce modèle qui allait nourrir tous les événements similaires des décennies suivantes, du Live Aid de 1985 au Concert for New York City de 2001.

L’origine du projet est Ravi Shankar. Le maître du sitar indien, dont l’influence sur le rock occidental est incalculable, avait demandé à son ami George Harrison de l’aider à attirer l’attention internationale sur la catastrophe humanitaire qui se déroulait au Bangladesh. La guerre d’indépendance et les inondations avaient créé une crise de réfugiés d’une ampleur considérable. Shankar voulait agir. Harrison a dit oui immédiatement.

La liste des participants est stupéfiante : Ravi Shankar, bien sûr, qui ouvre le concert avec ses musiciens. Puis George Harrison avec un ensemble de musiciens extraordinaires : Eric Clapton à la guitare électrique (il avait dû convaincre pour sa présence, clapton vivant alors une période difficile), Leon Russell flamboyant et genereux, Billy Preston aux claviers et aux chants, Jim Keltner et Ringo Starr à la batterie, Klaus Voormann à la basse, et Badfinger aux guitares acoustiques.

Bob Dylan. Son nom n’était pas sur le programme. Sa présence n’était pas garantie jusqu’au dernier moment. Dylan, depuis son accident de moto en 1966, ses années de retrait, son album « Self Portrait » controversé de 1970, vivait dans une période de réinvention discrète. Quand il est monté sur la scène du Madison Square Garden avec sa guitare et son harmonica, la salle a fait quelque chose d’inhabituel : elle s’est levée et a applaudi longuement avant même qu’il ait joué une note. La force de sa présence était telle que sa simple apparition physique était un événement.

Dylan a joué cinq chansons : « A Hard Rain’s A-Gonna Fall », « Blowin’ in the Wind », « Mr. Tambourine Man », « Just Like a Woman », « Love Minus Zero/No Limit ». Ces chansons, dans ce contexte, devant ce public, avaient une résonance particulière. « Blowin’ in the Wind » comme question universelle. « A Hard Rain’s A-Gonna Fall » comme prophétie de toutes les catastrophes humaines. Le génie de Dylan est cette capacité à écrire des chansons qui restent toujours actuelles précisément parce qu’elles ne sont pas attachées à une actualité particulière.

Harrison lui-même joue avec une générosité et une maîtrise que ses anciens co-Beatles n’ont pas toujours reconnu à leur juste valeur. « Something » acoustique avec sa guitare dobro. « While My Guitar Gently Weeps » en version puissante avec Clapton. « Here Comes the Sun », le soleil après toutes les obscurités. Harrison est le coeur de ce concert, l’architecte de quelque chose qui le dépasse et dont il est profondément conscient.

L’album triple a été produit avec un soin exceptionnel. Tous les artistes ont renoncé à leurs droits d’auteur pour que l’intégralité des bénéfices aille aux réfugiés. Les complications légales avec les maisons de disques respectives ont duré deux ans avant que l’argent puisse effectivement être versé aux organisations humanitaires. Mais l’intention était pure et la musique est immortelle.

Sur X : @georgeharrison

La note des passionnés

4,0 /5

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The Concert For Bangladesh