1971 Album

New York City (You’re a Woman)

par Al KOOPER

2,5(1)
Sortie 1971
Artiste Al KOOPER

Al Kooper. New York, 1971. Il y a dans l’histoire du rock américain des personnages dont l’influence est inverse à leur célébrité publique. Al Kooper est de ceux-là : omniprésent dans les sessions les plus décisives de la musique américaine des années 1960, fondateur d’un des premiers groupes de jazz-rock à grand succès, découvreur de talents comme Lynyrd Skynyrd, et pourtant jamais tout à fait dans la lumière que ses contributions méritaient. « New York City (You’re a Woman) » est l’un de ses albums solo, le portrait d’un homme et d’une ville dans un rapport d’amour exaspéré et indissoluble.

Al Kooper est né Alan Peter Kuperschmidt à Brooklyn, New York, le 5 février 1944. A seize ans, il joue de la guitare dans un groupe. A vingt ans, il est déjà une présence régulière dans les studios d’enregistrement new-yorkais. Son destin bascule lors des sessions de « Highway 61 Revisited » de Bob Dylan en juin 1965. Kooper n’est pas invité comme musicien officiel mais comme observateur. Quand le pianiste prévu n’est pas disponible pour une prise, Kooper s’installe à l’orgue Hammond malgré ses réserves sur sa maîtrise de l’instrument. Il joue les accords qu’il peut, en décalage avec les autres musiciens. Dylan, qui entend la qualité accidentelle de ce jeu, monte le volume de l’orgue dans le mixage. Le résultat est le son de « Like a Rolling Stone », l’orgue le plus célèbre de toute la musique populaire.

Il avait fondé Blood, Sweat and Tears en 1967, le premier grand groupe de jazz-rock à grand succès commercial américain, avant de quitter le groupe avant leur premier album. Une décision qu’il a regrettée quand « Blood, Sweat and Tears » de David Clayton-Thomas est devenu l’un des albums les plus vendus de l’année 1969. Kooper n’était plus dans le groupe mais il en était l’architecte.

Son travail pour Columbia Records incluait les « Super Sessions » avec Mike Bloomfield et Stephen Stills en 1968, l’un des premiers albums de superstar sessions du rock américain. Sa relation avec Columbia lui donnait la liberté de sortir des albums solo d’une grande diversité, des disques qui ne correspondaient à aucune case de marketing mais qui reflétaient fidèlement sa curiosité musicale insatiable.

New York est omniprésente dans la musique de Kooper. Pas la New York glamour et brillante de la publicité, mais la New York réelle des rues et des appartements, des restaurants du Bronx et des studios de Manhattan, des rencontres improbables et des amitiés durables. Cette New York-là nourrit sa musique d’une façon que personne venant d’ailleurs ne pourrait reproduire.

Kooper a produit les premiers albums de Lynyrd Skynyrd en 1973, découvrant le groupe lors d’auditions pour son propre label. Cette contribution à l’histoire du rock sudiste américain est un exemple supplémentaire de sa capacité à reconnaître le talent avant que les autres le voient. C’est peut-être son plus grand don : l’oreille du découvreur, le flair de celui qui sait ce qui va compter avant que ça compte.

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