1971 Album

Long Player

par FACES

4,0
Sortie 1971
Artiste FACES
Genres hard rock · proto-punk

Faces. Londres, 1971. « Long Player » est le second album du groupe forme autour de Rod Stewart et Ron Wood apres la dissolution de The Small Faces. Les Faces jouent leur rock and roll comme s’ils etaient dans un pub de Kennington a deux heures du matin : decontractes, un peu desaccordes, completement sinceres, et terriblement convaincants. Dans un paysage rock british domine par la technique et l’ambition progressive, les Faces representent l’autre pole : le plaisir brut, la complicite entre musiciens, le rock comme celebracion de l’instant present.

Rod Stewart chante avec cette voix rauque et inimitable qui fait de lui l’un des vocalists les plus immediatement reconnaissables de toute sa generation. Il a une qualite de blues white anglais profondement ancree dans les traditions des bluesmen americains qu’il a absorbes depuis l’adolescence. Sa voix a grandi depuis ses debuts : elle est plus mature, plus confiante, avec une expressivite qui cache parfois sa vraie profondeur derriere une apparente nonchalance.

Ron Wood est un guitariste d’un talent immense qui joue avec une liberte et une generosité que peu de rock guitarists de son époque rivalisent. Son jeu est instinctif plutot que calculé, en parfaite adéquation avec l’esprit des Faces. Il y a dans sa guitare une chaleur humaine particuliere, ce son de guitare qu’on reconnait comme celui d’un ami plutot que d’un professionnel.

Ronnie Lane est le coeur emotionnel du groupe. Bassiste et chanteur, il apporte une poesie folk et une tendresse qui equilibrent l’energie rock de Stewart et Wood. Sa basse est melodique et harmoniquement curieuse, toujours a la recherche de lignes qui enrichissent plutot qu’elles ne soutiennent simplement. Ses compositions comme « Richmond » revelent un artiste sensible dont la vision du monde est plus contemplative que celle de ses partenaires.

Ian McLagan aux claviers apporte la sophistication harmonique dont le groupe a besoin pour que sa musique ne soit pas que du rock primaire. Son jeu, influence par le rhythm and blues americain et par la tradition de l’orgue gospel, donne au son des Faces sa chaleur particuliere. Kenney Jones a la batterie est l’homme qui tient le groupe ensemble, son tempo stable et son groove solide sont le fondement sur lequel les autres peuvent s’aventurer librement.

« Bad ‘n’ Ruin » ouvre l’album avec un boogie blues-rock d’une energie celebratrice. « Tell Everyone » est une ballade de Ronnie Lane d’une beaute douce. « Sweet Lady Mary » fait appel a des arrangements folk plus elabores. Et « Maybe I’m Amazed » de Paul McCartney devient entre les mains des Faces quelque chose de distinct de l’original, plus rauque et plus direct.

Les Faces etaient avant tout un groupe de scene. Leurs concerts etaient legendaires pour leur energie, leur imprevisibilite et leur atmosphere de fete perpetuelle. « Long Player » essaie de capturer cette energie en studio avec un succes partiel : certains morceaux sonnent vraiment live, d’autres perdent une partie de leur force dans l’environnement aseptise du studio. Mais c’est un album honnete, fait par de vrais musiciens qui aiment vraiment ce qu’ils font.

Sur X : @faces_official

La note des passionnés

4,0 /5

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