1989 Album

Flowers In The Dirt

par Paul McCARTNEY

4,0
Sortie 1989

Flowers in the Dirt, Paul McCARTNEY (1989) : le retour du maitre

Apres une decennie 80 en demi-teinte, marquee par quelques egarements et un certain flottement artistique, Paul McCartney avait besoin d’un grand disque pour rappeler au monde de quel bois il se chauffait. Ce sera Flowers in the Dirt, paru en 1989 chez Parlophone, salue a juste titre comme son meilleur album depuis des annees. Le secret de cette renaissance tient en deux mots, ou plutot en un nom : Elvis Costello.

Costello, le nouveau Lennon ?

Pour ecrire ce disque, McCartney s’associe a Elvis Costello, songwriter brillant et caustique. La rencontre fait des etincelles. Costello, avec son sens de la formule acerbe et son gout du conflit, joue pour Macca le role d’aiguillon que Lennon avait jadis tenu : celui qui pousse, qui contredit, qui refuse la facilite mielleuse vers laquelle l’ex-Beatle peut pencher. Ensemble, ils signent plusieurs des plus belles chansons de l’album.

My Brave Face, la fierte retrouvee

« My Brave Face », fruit de cette collaboration, est un petit bijou de pop, avec ce mélange typiquement McCartneyen de melancolie et d’allegresse. La basse melodique, signature absolue du bonhomme, y retrouve toute sa superbe. « You Want Her Too » pousse meme le jeu jusqu’au duo, ou les deux hommes se repondent et se contredisent, dans un clin d’oeil malicieux aux echanges Lennon-McCartney d’antan. « That Day Is Done » deploie une gravite gospel inattendue.

This One et l’art du tube

Au-dela des morceaux co-ecrits avec Costello, l’album regorge de pepites. « This One » rappelle que McCartney reste l’un des plus grands melodistes que la pop ait jamais portes, capable de pondre un refrain imparable les doigts dans le nez. « Figure of Eight », plus rock, prouve qu’il n’a rien perdu de son energie. La production, soignee, fait appel a plusieurs realisateurs de renom pour donner a chaque chanson son ecrin ideal.

Le retour sur scene

Ce disque marque aussi un tournant : il precede la premiere grande tournee mondiale de McCartney depuis plus de dix ans. Apres des annees a se tenir loin des stades, Macca renoue avec la scene et avec son immense repertoire, Beatles compris, qu’il avait longtemps boude en concert. Flowers in the Dirt est donc le disque de toutes les reconciliations : avec son passe, avec son public, avec sa propre exigence artistique.

Un grand cru tardif

Souvent cite par les connaisseurs comme l’un de ses sommets de la maturite, Flowers in the Dirt demontre qu’un genie de la chanson peut, passe la cinquantaine, retrouver l’inspiration des grands jours. Il suffisait parfois d’un partenaire a sa hauteur pour rallumer la flamme. Paul McCartney y prouve que la melodie reste sa langue maternelle, celle qu’il parle mieux que quiconque. Ecoutez « My Brave Face » ou « This One » : c’est l’oeuvre d’un homme qui sait, mieux que personne, transformer trois accords en pur bonheur. Le maitre etait bel et bien de retour.

La note des passionnés

4,0 /5

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Flowers In The Dirt