Sortie 1971
Artiste Don McLEAN
Genres folk · folk rock · songwriter

Don McLean. New York, 1971. Huit minutes et trente-six secondes. C’est la durée de « American Pie », la chanson qui a défini la carrière de Don McLean et qui est entrée dans la culture américaine avec la force d’un mythe fondateur. Personne avant McLean n’avait écrit une chanson de cette longueur qui ait eu une telle importance dans la musique populaire. Personne depuis n’a réussi à écrire une chanson cryptée et métaphorique qui ait généré autant d’analyses, d’interprétations et de discussions pendant plus de cinquante ans sans perdre sa force d’évocation.

Don McLean est né à New Rochelle, New York, le 2 octobre 1945. Son obsession pour Buddy Holly et pour le rock and roll des origines l’avait conduit à écrire une chanson qui était à la fois une élégie pour Holly et une histoire allégorique de toute une décennie de musique américaine. Le « jour où la musique est morte », le 3 février 1959, quand l’avion transportant Holly, Ritchie Valens et the Big Bopper s’écrase dans l’Iowa : ce moment traumatique est le centre de gravité autour duquel orbite toute la chanson.

Les personnages et les événements cryptés dans « American Pie » ont été l’objet d’innombrables exégèses. Le « Jester » qui « chante pour le roi et la reine » : Bob Dylan. Les « sergeants playing a marching tune » : the Beatles avec leur Sergent Pepper. La « fire that is the devil’s only friend » : une référence aux événements sombres de la fin des années 1960. McLean a lui-même confirmé certaines interprétations, maintenu le mystère sur d’autres, se délectant de l’ambiguïté qu’il avait volontairement cultivée.

« Vincent », l’autre grand morceau de l’album, est une méditation sur la solitude et la folie créatrice de Vincent Van Gogh. La mélodie est d’une beauté pure, avec ce guitariste acoustique simple et cette voix qui décrit les tableaux de Van Gogh avec une précision visuelle qui fait voir les peintures en entendant la chanson. « Vincent » a atteint la première place des charts britanniques et a prouvé que « American Pie » n’était pas un accident chanceux mais l’expression d’un talent réel et constant.

McLean avait eu du mal à trouver un label. La longueur d' »American Pie » décourageait les maisons de disques conventionnelles : une chanson de huit minutes ne pouvait pas être diffusée dans les formats radio de l’époque. United Artists avait finalement accepté de le signer et avait pris le risque de sortir la chanson dans son intégralité. La décision avait payé : « American Pie » a atteint la première place des charts américains pendant quatre semaines consécutives.

L’album entier est d’une qualité et d’une cohérence qui méritent d’être entendues au-delà des deux grands singles. « Crossroads », « Babylon », « Winterwood » : McLean construit des chansons d’une intelligence et d’une musicalité qui le placent dans la tradition des grands songwriter américains, de Woody Guthrie à Bob Dylan.

Cinquante ans après sa sortie, « American Pie » reste l’une des chansons les plus connues et les plus aimées de la culture populaire anglophone. Sa présence dans les films, les fêtes, les cérémonies patriotiques américaines témoigne de sa capacité à toucher quelque chose d’universel dans l’expérience américaine.

Sur X : @donmclean

La note des passionnés

4,0 /5

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American Pie