Zenyatta Mondatta, The POLICE (1980) : la conquete du monde
En 1980, The Police est en train de devenir le groupe de rock le plus populaire du monde. Sting, Andy Summers et Stewart Copeland avaient déjà signé deux albums remarquables – Outlandos d’Amour et Regatta de Blanc – mais c’est Zenyatta Mondatta, leur troisième album sorti en octobre 1980 chez A&M Records, qui les propulse définitivement dans la stratosphère du succès commercial mondial. L’album est enregistré en très peu de temps – à peine quelques semaines – ce qui lui donne une fraîcheur et une spontanéité qui peuvent surprendre au vu de sa qualité.
Don’t Stand So Close to Me : le numéro un
« Don’t Stand So Close to Me » est le premier single de l’album et il atteint immédiatement la première place des charts britanniques. C’est une chanson sur la relation ambiguë entre un professeur et son élève, un territoire difficile traité avec une intelligence et une subtilité qui évitent tout ce qui serait sensationnaliste ou gratuit. Sting est un songwriter qui sait comment aborder les sujets délicats avec précision et nuance.
Musicalement, la chanson illustre la maîtrise du groupe à ce stade de leur carrière : un groove reggae-rock qui coule naturellement, des harmonies vocales élaborées, un refrain qui reste en tête sans effort et une production de l’équipe habituelle – Bob Clearmountain n’est pas encore là mais les ingénieurs du son sont excellents.
De Do Do Do, De Da Da Da : la communication au-delà des mots
« De Do Do Do, De Da Da Da » est l’une des chansons les plus originales de l’album dans sa conception : elle parle de la façon dont les mots peuvent trahir la communication, comment les sons les plus simples et les plus enfantins peuvent parfois communiquer plus directement que les constructions langagières sophistiquées. C’est une réflexion sur le langage et la communication qui prend la forme d’un tube pop parfait – le paradoxe est délibéré.
Andy Summers : la guitare qui crée l’atmosphère
Andy Summers est l’un des guitaristes les plus créatifs et les plus distinctifs de la nouvelle vague des années quatre-vingt. Son usage des effets – de la réverbération, du chorus, du delay – pour créer des textures atmosphériques plutôt que de simples lignes de guitare est une contribution majeure au son des Police et à l’esthétique de la guitare rock de cette époque.
Sa façon de ne pas jouer – de laisser des espaces, de choisir de ne pas remplir tous les silences – est tout aussi importante que ce qu’il joue. C’est la marque d’un musicien qui comprend que l’espace est aussi un instrument.
Stewart Copeland : la batterie comme conversation
Stewart Copeland est l’un des grands batteurs du rock. Son style mêle l’influence du rock, du reggae et de la musique du monde africaine et moyen-orientale d’une façon qui donne au son des Police sa texture rythmique particulière. Il joue avec une précision et une inventivité qui font de chaque chanson une aventure rythmique autant qu’une aventure mélodique.
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