Ghost in the Machine, The POLICE (1981) : au-dela du succès
En 1981, The Police est l’un des groupes de rock les plus populaires au monde. Leur quatrième album, Ghost in the Machine, sorti en octobre chez A&M Records, est l’oeuvre d’un groupe qui utilise sa position privilégiée pour aller plus loin musicalement et thématiquement. Plus sombre et plus ambitieux que ses prédécesseurs, il intègre des cuivres et des claviers plus larges et aborde des thèmes politiques et existentiels que leur format pop-reggae habituel n’explorait pas.
Every Little Thing She Does is Magic : la legereté du maitre
« Every Little Thing She Does is Magic » est l’un des paradoxes les plus charmants de la discographie de The Police. Construite sur un piano reggae rapide et joyeux, avec des arrangements de cordes qui lui donnent une légèreté presque aérienne, c’est une des chansons les plus directement heureuses que Sting ait jamais écrites. Et pourtant elle voisine sur l’album avec des chansons politiquement engagées et des observations existentielles sombres. Cette capacité à varier les registres sans perdre la cohérence d’ensemble est la marque d’un groupe qui maîtrise son art.
Le piano qui ouvre et parcourt la chanson – joué sur un instrument désaccordé intentionnellement pour créer un son particulier – est l’un des moments de production les plus mémorables de la discographie du groupe.
Invisible Sun : le politique dans le rock
« Invisible Sun » est la chanson la plus explicitement politique de l’album. Elle est inspirée par les événements en Irlande du Nord à cette époque, et le clip qui l’accompagne utilise des images de la situation sur le terrain d’une façon qui a valu au groupe d’être temporairement banni de la BBC. Sting chante avec une intensité et une conviction qui révèlent un artiste qui prend ses responsabilités sociales au sérieux.
Les cuivres et la nouvelle couleur sonore
L’introduction de sections de cuivres et de claviers plus élaborés donne à Ghost in the Machine une richesse et une variété qui le distinguent des albums précédents. Ces ajouts ne diluent pas l’identité du groupe : ils l’élargissent, révèlent de nouvelles dimensions d’un son qui aurait pu rester cantonné à son format original.
Stewart Copeland : la complexite rythmique
Stewart Copeland est de nouveau impressionnant dans sa façon de construire des patterns rythmiques complexes qui s’inscrivent dans une tradition reggae tout en étant distinctement les siens. Sa contribution à l’album va au-delà de la simple exécution : il co-compose plusieurs morceaux et apporte sa vision musicale à l’ensemble du projet.
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