Youth and Young Manhood
par KINGS OF LEON
Ils arrivent de Nashville, Tennessee. Ils sont freres et cousin, ils ont ete eleves par un predicateur pentecotiste itinerant, ils ont grandi dans les motels et les bus de tournee de l’Amerique profonde. Kings of Leon sort en 2003 son premier album, « Youth and Young Manhood », et c’est immediatement l’un des debuts les plus excitants de la decennie dans le rock.
Les fils du predicateur
Caleb, Nathan, Jared Followill et leur cousin Matthew Followill. Le pere, Leon Followill, etait un pasteur qui emmenait sa famille de revivals en revivals a travers les Etats du Sud. Cette enfance hors du commun, itinerante et religieuse, a nourri une musique qui porte en elle la chaleur du Sud americain et l’urgence du rock and roll le plus direct.
Ethan Johns produit l’album avec une approche economique et directe : enregistrer vite, garder les sons naturels, laisser la spontaneite intact. Le resultat est un album qui sonne comme si le groupe jouait dans une grange, les pieds nus, quelque part en Alabama. Cette rusticite est entierement volontaire et parfaitement executee.
Molly’s Chambers et le rock du Sud
« Molly’s Chambers » est le premier single, et il installe immediatement le territoire musical du groupe : guitares tranchantes, rythme rapide, voix de Caleb qui oscille entre Sean Connery et Iggy Pop avant la chute. « Wasted Time » est plus lent, plus lacunaire, avec un groove qui rappelle le boogie du Lynyrd Skynyrd des debuts. « Holy Roller Novocaine » ferme l’album avec une intensite de preacher qui n’a rien de fortuit.
Le NME encense le groupe des les premiers articles. L’Angleterre, toujours friande de rock americain authentique, les adopte avant meme que les Etats-Unis ne les remarquent vraiment. Cette trajectoire inversee est caracteristique de l’epoque : The Strokes, The White Stripes ont tous les deux ete valides en Grande-Bretagne avant de conquerer leur marche d’origine.

Le debut d’une longue carriere
Kings of Leon va ensuite evoluer considerablement. Les albums « Only by the Night » (2008) et son single « Sex on Fire » feront d’eux un groupe de stades mondiaux. Mais cette transformation ulterieure ne doit pas faire oublier ce que « Youth and Young Manhood » representait en 2003 : un debut bruyant, assure, pleinement conscient de ce qu’il est et de la tradition dans laquelle il s’inscrit.
Il y a dans cet album une energie juveline qui ne se reproduit pas. Une urgence de premier album qui dit quelque chose de vrai sur le desir de faire de la musique quand on a vingt ans et qu’on vient de nulle part. Les Followill venaient de nulle part. Ils sont alles loin. Mais ils n’ont jamais sonne plus naturels qu’ici.
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