2003 Album

Get Born

par JET

4,0
Sortie 2003
Artiste JET

Get Born, JET (2003) : l’Australie envoie un uppercut de rock brut

En 2003, le monde du rock voulait des guitares. Les années deux mille avaient commencé avec une renaissance du rock : The White Stripes, The Strokes, The Vines, The Hives. Du rock direct, sans fioritures, qui rappelait pourquoi cette musique existait. Et puis de Melbourne, Australie, arrivent Jet avec un premier album qui va faire l’effet d’une bombe.

« Get Born » sort en août 2003 chez Elektra Records. En quelques semaines, il est partout. « Are You Gonna Be My Girl? » tourne sur toutes les radios américaines, apparaît dans des pubs Apple, dans des bandes-son de films. Jet devient l’un des groupes les plus en vue de la planète rock en l’espace de quelques mois.

Nic Cester et Cameron Muncey : les frères ennemis de la guitare

Le coeur de Jet, c’est le duo Nic Cester (chant, guitare) et Cameron Muncey (guitare). Nic est aussi le frère de Chris Cester, le batteur. C’est une histoire de famille autant qu’une histoire de rock. Les deux frères ont grandi ensemble à Melbourne, se sont construits une vision commune de ce que le rock devrait être : bruyant, honnête, direct, avec des mélodies qui accrochent et ne lâchent plus.

Mark Wilson tient la basse avec la solidité d’un homme qui sait exactement ce qu’il fait : soutenir le tout sans chercher à voler la vedette. C’est un rôle ingrat et indispensable.

Are You Gonna Be My Girl : le tube de la décennie

« Are You Gonna Be My Girl? » commence avec ce riff de guitare que tout le monde reconnaît en trois secondes. C’est l’énergie de la bonne chanson rock qu’on entend pour la première fois à seize ans dans la chambre de quelqu’un et qui vous donne envie d’acheter une guitare électrique et de changer de vie. Simple, efficace, irrésistible. Nic Cester chante avec la conviction de quelqu’un qui dit les choses comme elles sont.

Le single monte dans les charts d’Australie, du Royaume-Uni, des États-Unis. Apple l’utilise pour une publicité iPod. C’est ce genre de moment où une chanson devient plus grande qu’elle-même et s’incruste dans la mémoire collective d’une génération.

Look What You’ve Done : la face cachée

Au milieu de l’album, entre les rocks bruyants et urgents, il y a « Look What You’ve Done ». Une ballade au piano. Nic Cester qui chante plus doucement, plus vulnérablement. Une chanson sur la famille, sur les parents, sur les choses qu’on ne dit pas assez. C’est le moment où on comprend que Jet n’est pas seulement un groupe de rock énergique. Il y a une vraie sensibilité là-dedans, une capacité à être touchés par les choses simples.

Cette chanson sera souvent citée par les fans comme leur préférée de l’album. Elle prouve qu’on peut faire du rock bruyant et écrire en même temps des chansons qui vous font serrer la gorge.

Les influences revendiquées

Jet ne cache pas ses influences. Beatles, Kinks, Oasis, AC/DC, Iggy Pop. La liste est cohérente. Elle dit : nous aimons la mélodie british, nous aimons le riff australien, nous aimons la provocation punk. Ces trois choses ensemble produisent quelque chose de reconnaissable comme « australien » mais qui transcende la géographie.

La comparaison avec AC/DC est inévitable pour un groupe de rock de Melbourne. Jet l’accepte avec bonne humeur. Mais là où AC/DC est une machine à répétition hard rock, Jet est plus mélodique, plus pop dans le bon sens du terme, plus soucieux de la structure des chansons.

Un album de son époque

« Get Born » est un album de son époque dans le sens où il arrive au bon moment, quand la demande est là. Il aurait pu arriver en 1995 et être un bon album de Britpop australien. Il arrive en 2003 et devient un phénomène. La musique ne se fait pas dans le vide : elle se fait dans un contexte, une époque, une humeur culturelle particulière.

Vingt ans après sa sortie, « Get Born » sonne toujours aussi bien. « Are You Gonna Be My Girl? » fait toujours son effet dans les soirées. C’est la marque d’un bon disque de rock : sa résistance au temps.

Rollover DJ et l’attitude punk

« Rollover DJ » est le deuxième single de l’album et il incarne parfaitement l’attitude de Jet : une adresse directe à un disc-jockey qui passe de la mauvaise musique, une invitation à mettre du rock à la place. C’est provocateur, c’est drôle, c’est fait pour être hurlé à tue-tête dans une voiture sur l’autoroute. La production de Cameron Muncey, simple et directe, laisse les guitares faire leur travail sans artifice. Jet n’a pas besoin d’embellissements : l’énergie est dans le jeu, dans l’intention, dans ces quatre musiciens qui jouent comme si leur vie en dépendait.

La note des passionnés

4,0 /5

Pas encore noté

Donnez votre note

Continuer l'exploration

L'anthologie continue

Get Born