1980 Album

Peter Gabriel 3

par Peter GABRIEL

4,0
Sortie 1980

Entre le départ de Genesis et les tubes FM de « So », cet album est généralement considéré comme le grand essentiel dans la carrière solo de Peter Gabriel. Ambiance introspective et sombre, équilibre parfait entre expérimentation et accessibilité.

Steve Lillywhite et le son sans cymbales

Peter Gabriel sort son troisième album solo en 1980, produit par Steve Lillywhite. La décision la plus radicale de la production est d’éliminer la réverbération sur la batterie et de bannir les cymbales : le son rythmique est sec, lourd, comme des coups de poing. Ce choix esthétique influence toute la production pop du début des années 80, de Kate Bush à Phil Collins.

Phil Collins justement, qui est le batteur de cet album, crée avec Gabriel un son rythmique nouveau. Collins adapte naturellement son jeu à la demande de Gabriel : moins de cymbales, plus de caisses claires et de grosses caisses, une approche tribale et organique qui donne à l’album sa puissance physique.

Games Without Frontiers et la critique politique

« Games Without Frontiers » est le hit de l’album, une chanson sur la façon dont les nations jouent à des compétitions sportives internationales qui reproduisent les dynamiques de rivalité nationale. Kate Bush chante les voix de fond, invisible mais reconnaissable. La production de Lillywhite est impeccable : dense, rythmique, avec des textures électroniques qui donnent à la chanson une modernité qui n’a pas pris une ride.

« Biko » ferme l’album avec un hommage à Stephen Biko, le militant anti-apartheid sud-africain mort en détention en 1977. Gabriel utilise des percussions traditionnelles africaines et un enregistrement de voix sud-africaines pour créer une pièce musicale qui est à la fois un acte politique et une oeuvre artistique aboutie.

Peter Gabriel en concert
Peter Gabriel, dont le troisième album solo marque le début de sa période artistique la plus ambitieuse

Intruder et la tension

« Intruder » ouvre l’album avec une tension et une étrangeté qui signalent immédiatement que cet album n’est pas une continuation de la pop progressive de Genesis. C’est une musique qui inquiète, qui met l’auditeur dans un état de vigilance. « I Don’t Remember » et « No Self Control » maintiennent cette tension tout au long de la première face.

Cet album, connu sous le surnom « Melt » pour la pochette où le visage de Gabriel semble se liquéfier, représente le meilleur de ce que Gabriel pouvait faire entre la création et le commerce : ambitieux sans être hermétique, expérimental sans être inaccessible.

La note des passionnés

4,0 /5

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