Olympia Concert
par Alan STIVELL
Paris, L’Olympia. La salle est mythique. Depuis que Bruno Coquatrix avait inauguré ce théâtre de variétés au 28 boulevard des Capucines dans les années 1950, l’Olympia était devenu le temple parisien de la musique populaire, le lieu où les artistes du monde entier venaient prouver leur stature devant un public parisien réputé pour son exigence et sa passion. Enregistrer à l’Olympia signifiait entrer dans une tradition, s’inscrire dans une liste de noms qui incluait les plus grands noms de la chanson française et du jazz international.
Dans les années 1970, l’Olympia accueillait aussi les formations de rock et de blues qui parcouraient l’Europe en tournée. Les salles de concert dans la France de cette époque étaient rares, et l’Olympia, avec sa capacité de deux mille places et son acoustique bien rodée, était l’adresse naturelle pour les groupes anglophones qui venaient conquérir le public français. Ces concerts laissaient souvent des traces sur bande magnétique, et certains de ces enregistrements devenaient des albums live qui documentaient la rencontre entre un artiste et ce public particulier.
La relation entre le rock britannique et américain et le public français de cette époque était d’une intensité particulière. Les Français avaient adopté le rock avec un enthousiasme qui surprenait parfois les Anglo-Saxons : dans les salles parisiennes, l’énergie et la concentration du public donnaient aux concerts une qualité théâtrale que les artistes décrivaient souvent comme différente de ce qu’ils rencontraient en Grande-Bretagne ou aux États-Unis.
Un album live enregistré à l’Olympia capturait nécessairement quelque chose de cette atmosphère particulière. Les ambiances de salle varient d’un enregistrement à l’autre selon les techniques de l’ingénieur du son, la disposition des micros, les conditions acoustiques du soir de l’enregistrement. Mais quelque chose de l’énergie de l’endroit transparaissait toujours dans les meilleurs enregistrements live parisiens de cette époque.
La tradition des albums live enregistrés dans des salles de concert légendaires est une des plus riches de l’histoire du rock. Ces disques avaient une fonction double : document d’une performance, mais aussi argument commercial et artistique qui permettait à un artiste de montrer ce qu’il était capable de faire devant un public. L’Olympia, avec sa réputation internationale, était le cadre idéal pour ce type de démonstration.
Le rock en France en 1972 vivait une période de transformation et d’affirmation. Le public des grandes salles parisiennes accueillait les artistes britanniques et américains avec une ferveur qui témoignait de l’importance que la musique rock avait prise dans la culture française depuis la fin des années 1960.
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