1993 Album

Wandering Spirit

par Mick JAGGER

4,0
Sortie 1993
Genres blues · rock/pop rock

Le chanteur des Stones en solo

Peu de temps après une interminable tournée mondiale des Rolling Stones, Mick Jagger reprend le chemin des studios, en grande forme, pour enregistrer Wandering Spirit, paru en 1993. Comme le souligne la chronique, il s’agit probablement de son meilleur album solo. Un disque qui rappelle que derrière la légende des Stones se cache un artiste capable de briller en son propre nom.

L’exercice de l’album solo n’est jamais simple pour un membre d’un groupe aussi mythique. La comparaison avec l’oeuvre commune est inévitable, et souvent cruelle. Pourtant, Jagger relève le défi avec une aisance qui surprend. Wandering Spirit témoigne d’une vitalité intacte, d’une envie de jouer et de chanter qui transparaît à chaque morceau. Le frontman des Stones n’a rien perdu de sa superbe.

L’énergie intacte

La chronique relève quelques morceaux très énergiques, et c’est bien là l’une des grandes qualités du disque. Jagger n’a pas l’intention de se reposer sur ses lauriers. Il attaque ses chansons avec la fougue d’un jeune homme, déployant cette énergie scénique qui a fait sa réputation. On retrouve sur ce disque le Jagger électrique, provocateur, irrésistiblement vivant.

Cette vitalité fait plaisir à entendre. Loin de l’image d’un vétéran fatigué, le chanteur démontre qu’il a encore beaucoup à dire et beaucoup à donner. Sa voix, toujours aussi expressive, porte les morceaux avec autorité. Wandering Spirit est l’album d’un homme en pleine possession de ses moyens, qui prend un plaisir évident à faire de la musique pour le plaisir de la musique.

Une belle diversité

Comme le note la chronique, le disque fait preuve d’une belle diversité. On y trouve un peu de soul, un peu de country, une palette de styles qui témoigne de la culture musicale étendue de Jagger. Cette variété, loin de disperser le propos, enrichit l’écoute et révèle les multiples facettes d’un artiste trop souvent réduit à son image de rocker.

Cette ouverture stylistique permet à Jagger d’explorer des territoires qu’il fréquente moins au sein des Stones. Il s’y meut avec aisance, prouvant son éclectisme et sa curiosité. Du morceau rythmé à la ballade soul, du clin d’oeil country au rock pur et dur, Wandering Spirit déploie un éventail qui maintient l’intérêt de bout en bout. Un disque riche et varié, jamais monotone.

L’ombre tutélaire des Stones

Impossible d’écouter Wandering Spirit sans penser aux Rolling Stones. Et pour cause : comme le relève malicieusement la chronique, le disque rappelle beaucoup le groupe, au point qu’il pourrait presque passer pour le meilleur album des Stones des années 70. Le compliment est de taille, et il en dit long sur la qualité du travail accompli ici par Jagger.

Cette parenté n’a rien d’étonnant. Jagger est l’une des deux âmes des Stones, et il porte naturellement en lui le son du groupe. Mais loin d’être un défaut, cette filiation est une force. Elle garantit à l’auditeur le plaisir familier des grands moments stoniens, tout en offrant la fraîcheur d’un projet personnel. Le meilleur des deux mondes, en quelque sorte.

Un solo réussi

Réussir un album solo quand on est Mick Jagger relève de la gageure. Trop de comparaisons, trop d’attentes, trop d’histoire. Pourtant, Wandering Spirit tire son épingle du jeu avec brio. C’est un disque cohérent, énergique, divers, porté par un artiste au sommet de sa forme. Une réussite d’autant plus méritoire qu’elle était loin d’être acquise.

Ce succès artistique tient à la sincérité de la démarche. Jagger ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, il s’amuse, il joue, il chante ce qu’il aime. Cette liberté, cette absence de calcul, donnent au disque son charme et sa vitalité. Wandering Spirit est l’oeuvre d’un homme heureux de faire de la musique, et cette joie est communicative.

Un disque à redécouvrir

Trop souvent éclipsé par la gloire des Stones, Wandering Spirit mérite une réécoute attentive. Il révèle un Jagger en grande forme, capable de tenir un album sur ses seules épaules avec panache. Les amateurs du groupe y trouveront le plaisir familier de leur son, tout en découvrant des facettes plus personnelles de l’artiste.

Ce disque rappelle aussi une vérité simple : un grand artiste reste un grand artiste, même hors de son cadre habituel. Jagger n’a pas besoin de Keith Richards pour briller, même si leur association reste évidemment exceptionnelle. Wandering Spirit est la preuve éclatante de ce talent individuel, un disque à savourer pour ce qu’il est : une réussite solo majeure.

Le plaisir de jouer

Ce qui frappe à l’écoute de Wandering Spirit, c’est le plaisir évident que prend Jagger à faire de la musique. Libéré du poids des attentes liées aux Stones, il s’autorise une spontanéité, une décontraction qui rendent le disque particulièrement attachant. On sent un homme qui joue pour le plaisir, sans calcul, sans pression, et cette joie communicative irrigue tout l’album.

Cette liberté retrouvée donne au disque une fraîcheur inattendue. Loin de l’image figée du monument du rock, Jagger se révèle ici joueur, malicieux, plein de vie. C’est cette humanité, cette simplicité dans le plaisir, qui font le charme de Wandering Spirit. Un disque qui rappelle que, derrière la légende, il y a avant tout un musicien passionné, heureux de chanter.

— Discographie —

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La note des passionnés

4,0 /5

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