School Days
par Stanley CLARKE
School Days, Stanley CLARKE (1976) : la basse sur le trône
En 1976, il n’y a pas de bassiste plus important dans le monde de la musique que Stanley Clarke. Co-fondateur avec Chick Corea du groupe Return to Forever, l’un des ensembles jazz-fusion les plus influents de la décennie, Clarke a transformé la façon dont le monde perçoit la basse électrique et acoustique. Il a fait du bass guitar un instrument soliste, capable de porter une mélodie, de développer une improvisation complexe, de dialoguer d’égal à égal avec n’importe quel autre instrument. School Days, sorti en 1976 chez Nemperor Records, est l’apogée de cette transformation.
School Days : le riff qui a changé la basse
La chanson titre est une démonstration de ce que la basse peut faire quand elle prend le rôle de lead instrument. Le riff d’ouverture de « School Days » est l’un des plus célèbres de toute la musique rock-fusion : aigu, rapide, joué en slap et pop avec une précision métronome et une énergie explosive. Clarke joue dans des registres aigus que la basse n’était pas censée atteindre dans la tradition rock habituelle, et il les atteint avec une facilité qui redéfinit les possibilités de l’instrument.
La chanson est une célébration de l’école du jazz, du côté où les gammes et les exercices deviennent de la liberté plutôt que de la contrainte. Clarke a étudié la contrebasse classique à l’Académie de Musique de Philadelphie. Cette formation classique rigoureuse est la fondation sur laquelle toute son improvisation ultérieure repose. « School Days » est l’album qui rend cette connexion audible.
Quiet Afternoon et la face douce
« Quiet Afternoon » montre une dimension de Clarke que son image de virtuose technique tend à faire oublier : il est aussi un mélodiste délicat, capable de jouer une ballade avec la sensibilité d’un chambriste. La contrebasse acoustique, sur cette plage, sonne avec une chaleur et une profondeur qui rappellent les grandes traditions du jazz de chambre.
Clarke navigue entre contrebasse acoustique et basse électrique sur cet album avec une aisance qui souligne la continuité entre ces deux traditions instrumentales que d’autres perçoivent comme séparées. Pour lui, les deux instruments appartiennent à la même famille, explorent le même territoire harmonique et rythmique avec des moyens différents.
Le groupe autour de Clarke
L’album réunit des musiciens de premier plan : John McLaughlin à la guitare sur certaines plages (son ami et collaborateur de la scène fusion), Billy Cobham à la batterie, Chick Corea aux claviers sur certains titres. Ces présences illustrent la position centrale de Clarke dans le monde du jazz-fusion de l’époque : tout le monde veut jouer avec lui parce que son jeu élève le niveau de tout le monde.
Jeff Beck joue également sur certaines plages, une collaboration qui démontre comment Clarke travaille aussi avec des guitaristes de rock quand la musique le demande. Cette ouverture vers d’autres traditions musicales est caractéristique de l’esprit jazz-fusion dans ce qu’il a de plus généreux.
L’influence sur toutes les décennies suivantes
L’influence de Stanley Clarke et de School Days sur les bassistes des décennies suivantes est incalculable. Marcus Miller, Victor Wooten, Flea des Red Hot Chili Peppers, les bassistes de funk et de hip-hop qui ont adopté le slap comme technique primaire – tous passent par Clarke. Il a ouvert une porte que personne ne savait fermée. School Days est le document de cette ouverture.
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