1971 Album

Barefoot Boy

par Larry CORYELL

4,0
Sortie 1971
Genres fusion · jazz-rock

Larry Coryell. New York, 1971. Le guitariste qu’on appelle le « parrain de la fusion » avance dans sa carriere avec la confiance d’un homme qui a deja accompli quelque chose d’essentiel. Apres ses annees avec le groupe jazz-rock Eleventh House et ses collaborations avec Gary Burton, il publie « Barefoot Boy », un album qui illustre l’etendue de ses capacites dans un format plus libre et plus personnel. C’est un disque de guitariste au meilleur sens du terme : technique impeccable au service d’une vision musicale coherente.

Larry Coryell est ne a Galveston, Texas, le 2 avril 1943. Il apprend la guitare dans le Texas rural, absorbe le country, le rockabilly, le blues. Puis vient New York, le jazz, la decouverte de Wes Montgomery, de Django Reinhardt, de Jim Hall. Ces deux traditions, le rock et le jazz, se fondent progressivement dans un style personnel qui n’appartient ni entierement a l’un ni entierement a l’autre.

Son album avec Gary Burton, le vibraphoniste de jazz, avait ete l’une des premieres fusions veritables entre le jazz et le rock en 1967. « Duster » avait montre que ces deux univers musicaux pouvaient coexister dans la meme salle sans se dchirer. Coryell y jouait avec la liberte harmonique du jazz tout en gardant l’energie et le volume du rock. C’etait une synthese nouvelle, et il en etait l’un des pioneers les plus credibles.

Sur « Barefoot Boy », Coryell s’exprime avec une liberte totale. Les morceaux varient des ballade acoustiques intimistes aux explorations electriques les plus complexes, montrant un musicien qui ne se sent pas oblige de rester dans une seule case. Sa technique de picking alternee est d’une precision horlogere. Ses harmoniques naturelles et artificielles sont utilisees avec un sens melodique remarquable. Son vibrato, influence par les grands guitaristes de jazz, donne a chaque note une richesse et une resonance particulieres.

Les morceaux acoustiques de l’album revelent une facette moins connue de Coryell. Sa guitare classique est jouee avec une technique solide et une sensibilite musicale qui doivent a la tradition de la guitare classique europeenne autant qu’au jazz americain. Il a etudie avec des professeurs de guitare classique et integre leurs enseignements dans un style qui reste fundamentalement americain dans son swing et son expressivite.

Les morceaux electriques retrouvent l’energie qui avait caracterise ses meilleures performances en groupe. Sa guitare electrique est jouee avec une variete de sons, du clean crystal au saturation controlee, en passant par de multiples nuances intermediaires. Son pedalboard inclut des effets dont il se sert avec parcimonie, pour souligner un moment particulier plutot que pour recouvrir son jeu d’un habillage sonore qui en masquerait la subtilite.

Vanguard Records, label americain connu pour son catalogue de jazz et de folk, etait un foyer naturel pour un artiste comme Coryell. Le label avait la credibilite artistique necessaire pour distribuer une musique aussi inclassable, et l’independance commerciale pour ne pas exiger de ses artistes qu’ils rentrent dans des formats radio.

Larry Coryell a continue pendant toute sa carriere a etre l’un des guitaristes les plus polyvalents et les plus innovants de la scene jazz-rock internationale. Ses collaborations avec des musiciens aussi differents que John McLaughlin, Paco de Lucia, Philip Catherine et Al Di Meola ont toujours revele de nouvelles facettes de son talent. « Barefoot Boy » reste l’un des moments ou ce talent s’exprime avec le plus de liberte et de naturel.

Sur X : @larrycoryell

La note des passionnés

4,0 /5

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Barefoot Boy