Avec un personnel qui va souvent changer et une discographie relativement restreinte, Rose Tattoo se fait pourtant assez vite un nom aux côtés de ses grands émules australiens AC/DC et Midnight Oil. Leur son brut et blues-rock est immédiatement identifiable.
Sydney et le rock australien
Rose Tattoo se forme à Sydney, Australie, en 1976. Angry Anderson (Gary Stephen Anderson), le chanteur, est originaire de Melbourne. Sa voix éraillée, son physique imposant et son énergie sur scène le distinguent immédiatement dans un milieu pourtant habitué aux personnages forts. Peter Wells à la guitare slide apporte une couleur blues profondément américaine qui ancre le son du groupe dans une tradition plus ancienne que le punk ou le hard rock contemporain.
L’Australie des années 70 développe une scène rock d’une créativité et d’une cohérence remarquables, principalement à Sydney et à Melbourne. AC/DC en est la figure de proue mondiale, mais la scène locale est beaucoup plus riche : Billy Thorpe and the Aztecs, Cold Chisel, et Rose Tattoo représentent autant de variations sur le même amour australien du rock électrique direct et sans prétention.
Rock ‘n’ Roll Outlaw et Bad Boy for Love
« Rock ‘n’ Roll Outlaw » est leur chanson signature, un hard-blues construit sur un riff de guitare slide de Peter Wells qui résume parfaitement leur philosophie musicale : rien de sophistiqué, pas de fioritures, juste le riff, la basse, la batterie et la voix d’Anderson par-dessus. La chanson joue de l’image du hors-la-loi du rock, une métaphore usée mais que le groupe incarne avec suffisamment de conviction pour lui redonner une vie.
« Bad Boy for Love » est dans la même veine : un boogie-blues avec une section rythmique qui pulse à la manière de ZZ Top, avec l’accent australien en plus. Les Australiens ont un rapport particulier au blues-rock américain : suffisamment éloignés géographiquement pour ne pas être dans l’ombre de l’original, ils peuvent s’en inspirer librement et y ajouter leur propre caractère sans être comparés aux maîtres à chaque note.
L’héritage rock australien
Rose Tattoo n’atteindra jamais le succès international d’AC/DC. Leur musique est trop ancrée dans le blues pur pour toucher le grand public metal, et trop électrique pour le public blues traditionnel. Ils resteront un groupe de culte, adulé par ceux qui les connaissent, ignorés par les autres.
Ce premier album auto-titré reste leur document le plus authentique : avant les changements de line-up, avant les tentatives de production plus commerciale, avant les décennies de reformations. C’est Rose Tattoo dans son état originel, avec toute la rugosité et l’honnêteté d’un groupe de musiciens qui jouent ce qu’ils aiment sans se demander si le marché le leur permet.
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