Yvonne Elliman se fait connaître en incarnant Marie-Madeleine dans la comédie musicale Jésus-Christ Superstar. Elle se lasse vite de l’ambiance de Broadway et des producteurs verreux, tente de trouver son propre chemin avec l’aide de Pete Townshend puis d’Eric Clapton.
De Jérusalem à Los Angeles
Yvonne Marianne Elliman naît à Honolulu, Hawaii, en 1951. Elle commence à chanter dans les clubs de Londres en 1969, quand elle a dix-huit ans, et c’est là que les créateurs de « Jesus Christ Superstar » la découvrent. Andrew Lloyd Webber et Tim Rice cherchent quelqu’un pour incarner Marie-Madeleine dans leur comédie musicale rock : ils ont besoin d’une voix à la fois pure et sensuelle, capable de porter « I Don’t Know How to Love Him » avec la conviction d’une femme qui ne comprend pas ce qu’elle ressent. Elliman est cette voix.
Elle enregistre la comédie musicale en 1970, puis la joue à Broadway en 1971. Sa performance dans « Jesus Christ Superstar » lui vaut une notoriété immédiate, mais aussi un piège : être associée pour toujours à un seul rôle, une seule chanson. Elle veut autre chose. Pete Townshend, le guitariste des Who, est l’un des premiers à lui tendre la main. Il l’invite à chanter sur « Tommy », la comédie musicale adaptée de l’opéra rock des Who. Elle accepte et le lien se renforce.
L’ère Clapton
La rencontre avec Eric Clapton change tout. Clapton, qui reconstruit sa vie et sa carrière après ses problèmes d’héroïne des années 70-72, enregistre « 461 Ocean Boulevard » en 1974 à Miami. Il invite Elliman à chanter sur l’album, puis à le rejoindre en tournée. Elle devient membre de son groupe de scène et sa voix est présente sur plusieurs de ses albums les plus importants de la seconde moitié des années 70.
« Rising Sun » est enregistré dans cette période de collaborations et de découvertes. Produit par Karl Richardson et Albhy Galuten, deux des architectes du son Criteria Studios de Miami, l’album montre une Elliman au carrefour de la soul, du rhythm-n-blues et du rock. Sa voix est plus mûre que sur ses premiers enregistrements, plus ancrée, capable de nuances que le format Broadway ne lui avait pas permis d’explorer.

La voie du Saturday Night Fever
Le grand public découvrira vraiment Yvonne Elliman en 1977 avec « If I Can’t Have You », la chanson qu’elle enregistre pour la bande originale de « Saturday Night Fever ». Écrite par les Bee Gees, produite par Karl Richardson et Albhy Galuten (ses mêmes collaborateurs), la chanson atteint le numéro 1 aux États-Unis en 1978. C’est le sommet commercial d’une carrière qui méritait plus de reconnaissance.
Après « Saturday Night Fever », Elliman connaît les difficultés habituelles des artistes dont le succès est lié à un seul moment iconique. Elle enregistre encore quelques albums, puis se retire progressivement de la scène musicale pour se consacrer à sa famille. « Rising Sun » reste le témoignage d’une artiste cherchant sa propre voix entre les contraintes du marché et les possibilités de son talent, une recherche qui ne sera que partiellement récompensée par le succès mais qui, artistiquement, mérite mieux que l’oubli.
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