1981 Album

Psychedelic Jungle

par The CRAMPS

4,0
Sortie 1981
Artiste The CRAMPS

Où placer les Cramps ? Punk band qui réhabilite le rockabilly façon rock gothique ? Pour brouiller les pistes, ce second album s’appelle « La jungle psychédélique ». En tous cas, c’est original, jouissif et surtout absolument unique en son genre.

Un groupe entre deux mondes

The Cramps naît à New York en 1976, formé par Lux Interior (Erick Lee Purkhiser) et Poison Ivy Rorschach (Kristy Wallace). Ce couple à la ville et à la scène crée un son qui n’a aucun équivalent : du rockabilly des années 50 joué avec l’énergie et l’attitude du punk, habillé dans une esthétique horror movies B, science-fiction cheap, et culture de bas-fond américaine.

Lux Interior est un performer exceptionnel, un chanteur qui joue un personnage entre Elvis Presley et un zombie de série B avec une conviction totale. Poison Ivy joue de la guitare avec une maîtrise du surf rock et du rockabilly qui est à la fois savante et sauvage. Ensemble, ils créent quelque chose qui semble venir d’une version alternative des années 50 qui n’a jamais existé.

Goo Goo Muck et le répertoire caché

« Goo Goo Muck », leur reprise du classique de Ronnie Cook (1962), est la chanson la plus accessible de l’album. Le titre original était un morceau de rock and roll excentrique, et les Cramps le transforment en quelque chose d’encore plus bizarre et délectable. Leur talent pour trouver des chansons obscures et les transformer en quelque chose qui ressemble à leur propre musique est l’une de leurs grandes qualités.

« The Way I Walk » est une reprise de Jack Scott (1958), autre exemple de leur capacité à déterrer des trésors oubliés du rock primitif américain. « Primitive » et « I Can’t Hardly Stand It » sont des compositions originales dans le même esprit : des chansons qui semblent avoir été trouvées dans une machine à remonter le temps branchée sur 1957.

Alex Chilton et l’indépendance totale

Alex Chilton de Big Star avait produit leur premier album « Songs the Lord Taught Us » (1980). « Psychedelic Jungle » est produit par le groupe lui-même, avec Poison Ivy comme architecte sonore principale. L’indépendance artistique totale est au coeur de leur éthique : les Cramps ne font des compromis avec personne.

The Cramps continue jusqu’à la mort de Lux Interior en 2009, produisant une discographie remarquablement cohérente. Chaque album est une variation sur le même thème, et cette cohérence est une force : on sait exactement ce qu’on va trouver, et c’est exactement ce qu’on veut.

La note des passionnés

4,0 /5

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