1981 Album

Prayers on Fire

par The BIRTHDAY PARTY

4,0

Il y a les Beatles australiens (The Easybeats), les Saints australiens (The Saints), mais le Nick Cave australien n’est comparable qu’au Nick Cave australien. Le Birthday Party installe ici une esthétique unique, intense et chaotique, qui influencera toute la décennie.

Melbourne, Londres, Berlin : l’itinéraire d’un groupe hors-norme

The Birthday Party naît à Melbourne à la fin des années 70, sous le nom de Boys Next Door. Nick Cave (chant), Rowland S. Howard (guitare), Mick Harvey (guitare, claviers), Tracy Pew (basse) et Phill Calvert (batterie) forment une formation dont le son et les ambitions dépassent rapidement ce que Melbourne peut offrir. Ils partent pour Londres en 1980, puis s’installent à Berlin, la ville qui attire à l’époque tous les artistes qui cherchent quelque chose d’authentiquement différent.

La connexion Cave-Berlin est naturelle : la ville de la trilogie Bowie, de Cabaret, de l’expressionnisme allemand des années 20, offre un cadre culturel qui correspond à l’imaginaire du groupe. Les textes de Cave mêlent l’imagerie du blues du Delta américain, la littérature gothique américaine de Flannery O’Connor et William Faulkner, et une sensibilité proprement australienne qui refuse toute sophistication de façade.

Rowland S. Howard et le son chaotique

La guitare de Rowland S. Howard est la grande originalité sonore du groupe : un jeu angulaire, dissonant, qui n’emprunte rien aux conventions rock. Howard traite la guitare comme un objet sonore brut plutôt que comme un instrument de mélodie, créant des textures abrasives qui servent parfaitement l’intensité des compositions de Cave.

« Zoo-Music Girl » et « King Ink » sont les moments les plus représentatifs de « Prayers on Fire » : une intensité émotionnelle totale, une production délibérément brute qui capture l’énergie live du groupe, et une façon d’habiter les chansons qui ne ressemble à rien de ce qui se fait à l’époque.

L’influence sur le rock indépendant

The Birthday Party se sépare en 1983 dans des circonstances houleuses. Nick Cave forme les Bad Seeds et entame une carrière solo monumentale. Mick Harvey joue avec Cave et développe une carrière solo parallèle. Rowland S. Howard enregistre des albums solo magnifiques jusqu’à sa mort en 2009.

« Prayers on Fire » reste le document le plus brut et le plus immédiat du Birthday Party, celui qui capture le groupe dans toute son énergie chaotique. Pour ceux qui veulent comprendre d’où vient le Nick Cave des Bad Seeds, c’est le point de départ indispensable.

La note des passionnés

4,0 /5

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Prayers on Fire