Organisation, OMD (1980) : l’ambition confirmée
Six mois après leur premier album éponyme, Orchestral Manoeuvres in the Dark publient Organisation, leur deuxième opus, en octobre 1980 chez DinDisc Records. Ce rythme de production rapide est caractéristique de l’époque : les groupes sont alors encouragés à capitaliser sur leur élan en sortant des disques régulièrement. Mais Organisation n’est pas une oeuvre précipitée : c’est un album qui explore des territoires légèrement différents de son prédécesseur, plus sombre dans ses atmosphères, plus ambitieux dans ses constructions.
Statues : la mélodie impassible
« Statues » est l’une des réussites les plus poignantes de cet album. La mélodie de synthétiseur qui porte la chanson a une qualité presque classique dans sa construction, mélancolique et belle, et McCluskey la chante avec une retenue émotionnelle qui renforce son efficacité. C’est précisément parce qu’il ne sur-exprime pas les sentiments que la chanson touche : on entend quelque chose de retenu, de pas tout à fait dit, qui crée un espace dans lequel l’imagination de l’auditeur peut opérer.
The Misunderstanding : le malentendu comme état permanent
« The Misunderstanding » est une réflexion sur la communication qui échoue, sur les espaces entre les gens qui voudraient se comprendre et n’y parviennent pas tout à fait. C’est un thème que le post-punk et la new wave de l’époque explorent volontiers, mais OMD le traite avec une délicatesse particulière qui lui est propre.
L’arrangement de cette chanson illustre bien l’évolution du groupe entre les deux premiers albums : plus de couches sonores, plus de texture, une production légèrement plus élaborée qui sert la sophistication émotionnelle du contenu.
La série des « Enola Gay » revisitée
« Enola Gay » – sortie en single entre les deux albums – est parfois associée à Organisation dans la mémoire collective, bien qu’elle appartienne techniquement à la période du premier album. Elle représente le sommet commercial et artistique de cette première période du groupe, et elle annonce la direction que prendront les albums suivants.
L’évolution du son OMD
Organisation montre un groupe qui ne se contente pas de reproduire la formule qui a fonctionné sur le premier album. McCluskey et Humphreys cherchent constamment à aller plus loin, à affiner leur esthétique, à trouver de nouvelles façons d’utiliser leurs instruments électroniques pour exprimer des émotions qui dépassent la froideur que le synthétiseur pourrait suggérer.
La continuité dans la progression
Ce qui est remarquable dans la discographie d’OMD de cette époque, c’est la cohérence de la progression : chaque album est distinctement le suivant du précédent, partageant la même vision musicale fondamentale tout en explorant de nouveaux territoires. Organisation s’inscrit parfaitement dans cette logique d’artistes qui savent où ils vont sans nécessairement savoir exactement comment ils vont y arriver.
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