1980 Album

Orchestral Manoeuvres in the Dark

par ORCHESTRAL MANOEUVRES IN THE DARK

4,0

Orchestral Manoeuvres in the Dark, OMD (1980) : la machinerie du coeur

Orchestral Manoeuvres in the Dark – que le monde entier abrège en OMD – est l’un des groupes les plus importants de la synth-pop britannique naissante. Formé à Wirral, dans la banlieue de Liverpool, par Andy McCluskey et Paul Humphreys en 1978, le groupe développe une esthétique musicale particulière : des synthétiseurs utilisés non pas pour faire de la musique froide et mécanique, mais pour créer des mélodies romantiques et mélancoliques, presque sentimentales. Leur premier album éponyme, sorti en février 1980 chez DinDisc Records, est le manifeste de cette vision.

Enola Gay : la mélodie derrière l’histoire

« Enola Gay » est sans doute la chanson la plus connue d’OMD. Le titre fait référence à l’avion américain qui largua la bombe atomique sur Hiroshima en 1945. Mais McCluskey a toujours expliqué que la chanson ne cherche pas à faire un commentaire politique direct : elle utilise ce référent historique pour explorer le contraste entre la beauté des mélodies – pop, séduisantes, légères – et la gravité de ce qu’elles peuvent recouvrir. C’est une réflexion sur l’ambiguïté morale des choses belles.

Musicalement, la chanson est d’une efficacité pop absolue. La ligne de basse synthétique qui ouvre le morceau est immédiatement reconnaissable, le refrain est irrésistible, et l’ensemble a cette qualité rare des grandes chansons pop : on l’aime plus à chaque écoute.

Electricity : le debut fondateur

« Electricity » est la chanson qui avait précédé l’album en single et qui avait posé les bases de l’esthétique OMD. Elle combine l’intérêt pour la technologie industrielle et électrique – le groupe est fasciné par les machineries, les usines, les processus industriels comme sujets musicaux – avec une mélodie qui transforme ces thèmes froids en quelque chose d’ému et d’humain.

La synth-pop romantique

Ce qui distingue OMD de beaucoup de leurs contemporains dans la musique électronique de l’époque, c’est leur rapport à l’émotion. Là où Kraftwerk, leur influence principale avouée, cultive une froideur presque clinique, OMD veut que ses synthétiseurs pleurent, rient, s’émerveillent. Cette dimension émotionnelle dans un contexte électronique est leur contribution la plus originale au genre.

McCluskey et Humphreys partagent la composition et les arrangements avec une complémentarité qui produit des résultats plus riches que ce que l’un ou l’autre aurait fait seul. Leurs goûts musicaux se rejoignent sur l’essentiel tout en étant suffisamment différents pour que leurs désaccords produisent des solutions créatives.

La production DIY

Cet album est produit avec des moyens limités mais une vision claire. Les synthétiseurs de l’époque – simples, monofoniques pour la plupart – sont utilisés avec une créativité et une ingéniosité qui compensent leur relative simplicité technologique. C’est de la musique qui trouve ses solutions dans la créativité humaine plutôt que dans la sophistication des équipements.

— Discographie —

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La note des passionnés

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