One Step Beyond…, MADNESS (1979) : Camden Town danse
Madness est l’un des groupes les plus joyeux et les plus communicatifs de toute la scène musicale britannique de la fin des années soixante-dix. Originaires de Camden Town, dans le nord de Londres, ils font partie du mouvement two-tone qui remet le ska jamaïcain au goût du jour dans le contexte de la Grande-Bretagne multiculturelle de 1979. One Step Beyond…, leur premier album, sort en octobre 1979 chez Stiff Records et capture immédiatement l’essence de ce qu’ils sont : un groupe qui fait danser les gens tout en sachant observer le monde avec humour et affection.
Le ska revisité
Le ska est un genre musical jamaïcain qui précède le rocksteady et le reggae chronologiquement, caractérisé par un rythme uptempo et un off-beat très marqué. Il est arrivé en Grande-Bretagne dans les années soixante avec les premières vagues d’immigration jamaïcaine, et il y a trouvé une seconde vie dans les communautés caribéennes établies à Londres, Birmingham et d’autres grandes villes.
Madness et les autres groupes du mouvement two-tone – les Specials, les Selecter – s’approprient ce son et le réinterprètent dans un contexte britannique de 1979, avec l’énergie punk de la même époque, des guitares plus électriques, des arrangements qui mêlent l’original jamaïcain et quelque chose de distinctement anglais.
One Step Beyond : la déclaration
« One Step Beyond » est la chanson titre de l’album et la déclaration d’intention parfaite de Madness. Reprise de Prince Buster, figure légendaire du ska jamaïcain, elle est jouée avec une énergie qui dépasse l’original et avec cette capacité particulière de Madness à faire sonner le ska d’une façon à la fois authentique et complètement britannique.
Suggs – le chanteur, de son vrai nom Graham McPherson – chante avec un accent de nord de Londres qui situe immédiatement le groupe dans une tradition musicale mais aussi dans une géographie précise. Camden Town, ses marchés, ses pubs, ses rues : on est loin de la Jamaïque mais la musique fait le pont.
My Girl : la tendresse pop
« My Girl » montre la face plus douce et plus mélodique de Madness, leur capacité à écrire des chansons pop directes et touchantes dans le cadre de leur esthétique ska. C’est une chanson d’amour simple et sincère, portée par une mélodie mémorable et une interprétation chaleureuse.
Le groupe instrumental – Lee Thompson au saxophone, Chris Foreman à la guitare, Mike Barson aux claviers, Mark Bedford à la basse, Daniel Woodgate à la batterie – joue avec l’enthousiasme et la précision d’un groupe qui a fait ses armes sur scène avant de rentrer en studio.
L’humour comme esthétique
L’humour est central dans l’univers de Madness. Leurs clips, leurs tenues, leurs noms de scène, leur comportement en public : tout révèle un groupe qui ne se prend pas trop au sérieux sans jamais se réduire à la farce. Cet humour est une façon d’approcher le monde avec une bienveillance et une légèreté qui rendent la musique encore plus accessible.
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