1977 Album

This Is The Modern World

par The JAM

4,0
Sortie 1977
Artiste The JAM
Genres punk rock

Décidément très productifs, The Jam sort, en plus de quelques singles, ce deuxième album en 1977. Marqué par le style mod des années 60 et les Who du début, le groupe assure, en plus de ses très bons disques, une présence scénique redoutable.

Le deuxième album dans la même année

Sortir deux albums la même année en 1977 est une décision courante dans le milieu punk et new wave : les maisons de disques veulent capitaliser sur l’élan, les groupes veulent produire pendant que l’inspiration est là. Pour les Jam, « This Is the Modern World » sort six mois après « In the City », et les six mois font une différence perceptible : Weller écrit avec un peu plus de recul, un peu moins d’urgence juvénile pure, et commence à explorer des territoires plus introspectifs.

La production reste dans la même ligne : rapide, directe, avec des arrangements économiques qui ne mettent jamais un seul instrument de trop dans une chanson. Vic Coppersmith-Heaven, qui avait produit le premier album, retourne derrière la console. Foxton et Buckler jouent avec la cohésion d’un groupe qui a passé l’année à tourner sans arrêt : ils jouent comme une unité parfaite, chaque tempo parfaitement tenu, chaque transition naturelle.

The Modern World et Standards

« The Modern World » donne son titre à l’album et est sans doute la chanson la plus directement autobiographique que Weller ait écrite jusqu’alors. « I don’t give two hoots about history / ‘Cause that’s not where I want to be. » C’est la déclaration d’un artiste de dix-neuf ans qui refuse de se laisser définir par le passé, y compris le passé récent que représente déjà l’album « In the City ». Chaque nouvelle chanson est une fuite en avant vers ce qu’il n’est pas encore.

« Standards » est une critique acerbe de la conformité sociale, des gens qui définissent leur existence par les conventions de classe et les codes de respectabilité. Weller n’a aucune patience pour ce qu’il perçoit comme de la lâcheté intellectuelle : on choisit ses valeurs ou on laisse quelqu’un d’autre les choisir pour soi, et ce quelqu’un d’autre a généralement de mauvaises raisons.

Life from a Window et la croissance d’un auteur

« Life from a Window » est la chanson la plus douce de l’album, une observation de la vie de quartier depuis une fenêtre, avec une mélancolie qui contraste avec l’énergie directe des autres titres. C’est ici qu’on entend le plus clairement le futur Weller : l’observateur social patient, attentif aux détails de la vie ordinaire anglaise, capable de faire de ces détails quelque chose d’universellement reconnaissable.

« This Is the Modern World » n’est pas à la hauteur de « In the City » dans l’immédiat : c’est un album de transition, entre la première urgence punk et la sophistication que les Jam atteindront avec « All Mod Cons » (1978) et « Setting Sons » (1979). Mais il est essentiel dans la discographie du groupe parce qu’on y entend Weller apprendre à écrire en temps réel, album après album, avec une régularité et une intégrité qui sont la marque des grands auteurs.

— Discographie —

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La note des passionnés

4,0 /5

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