Le bassiste et principal compositeur de Brinsley Schwarz se lance dans la production après la séparation du groupe en 1975. Il multiplie les collaborations (Dave Edmunds, Graham Parker, Elvis Costello, les Damned). Son premier album solo est un bijou d’intelligence pop.
Brinsley Schwarz et l’école pub rock
Nick Lowe naît à Walton-on-Thames, Surrey, en 1949. Il joue dans Brinsley Schwarz de 1970 à 1975, groupe de pub rock londonien qui n’a jamais percé commercialement mais dont l’influence sur la génération new wave est considérable. La philosophie du pub rock est simple : jouer pour des gens qui boivent de la bière dans des salles ordinaires, sans effets pyrotechniques, sans prétention artistique excessive, avec des chansons directes et honnêtes. Cette philosophie porte en elle les germes du punk et de la new wave.
Après la séparation de Brinsley Schwarz, Lowe devient l’un des producteurs les plus actifs de Stiff Records : il produit le premier album d’Elvis Costello, des singles de the Damned, des albums de Graham Parker. Sa capacité à comprendre ce qu’un artiste a besoin d’entendre pour que ses chansons sonnent le mieux possible est sa qualité principale de producteur. Et quand il travaille sur son propre matériel, il s’applique les mêmes principes.
I Love the Sound of Breaking Glass
« I Love the Sound of Breaking Glass » est son plus grand hit et l’une des chansons les plus étranges du rock britannique de 1978 : une déclaration d’amour pour un son, formulée avec l’ironie et la distance qui sont la marque de Lowe. La chanson n’est pas vraiment sur la destruction : c’est une métaphore sur les petits plaisirs sensuels ordinaires, sur la texture physique du monde. La production est minimaliste, avec une basse synthétique que Lowe dit avoir enregistrée en jouant une note répétée avec une guitare basse et en la traitant électroniquement.
« Marie Provost » est une chanson sur une actrice du cinéma muet américain, oubliée par Hollywood et retrouvée dans son appartement. Lowe la traite avec un humour noir discret mais la mélodie est sincèrement mélancolique. C’est l’ambiguïté tonale qui est la signature de Lowe : rire et tristesse simultanés, sans que l’un écrase l’autre.

Pure Pop for Now People
L’album est sorti aux États-Unis sous le titre « Pure Pop for Now People », un titre qui résume parfaitement l’ambition de Lowe : une pop parfaitement construite, immédiatement accessible, qui n’essaie pas de paraître plus importante qu’elle ne l’est. Cette modestie revendiquée est une forme d’ironie, bien sûr : Lowe sait exactement ce qu’il fait, et le faire sembler facile et naturel est son grand talent.
Nick Lowe continuera d’enregistrer des albums qui reçoivent des critiques enthousiastes et des ventes modestes tout au long des décennies suivantes. Sa collaboration avec Dave Edmunds dans Rockpile (1976-1981) restera l’un des exemples les plus purs d’un rock’n’roll revivifié. Et « Jesus of Cool » restera son album le plus inventif et le plus varié, le document le plus complet de ce qu’il pouvait faire quand personne ne lui disait quoi faire.
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