In the Skies, Peter GREEN (1979) : le retour d’un géant
Peter Green est l’un des guitaristes les plus doués de toute sa génération. Fondateur du premier Fleetwood Mac avec Mick Fleetwood et John McVie en 1967, il crée un groupe de blues britannique d’une qualité exceptionnelle avant de quitter la scène musicale au début des années soixante-dix après une période difficile. In the Skies, sorti en 1979 chez PVK Records, est son retour dans la musique après des années d’absence. C’est un album doux, intimiste, blues, joué avec une sensibilité qui retrouve ce qui faisait de Green l’un des guitaristes les plus expressifs de son époque.
Le jeu de guitare de Peter Green
Ce qui distingue Peter Green de ses contemporains guitaristes blues britanniques, c’est la qualité de son son. Il a un son de guitare – cette façon particulière de faire vibrer la note, de la laisser décroître, de passer d’une note à l’autre – qui est immédiatement reconnaissable et qui a influencé des générations de guitaristes après lui. Carlos Santana et Gary Moore ont souvent évoqué Green comme l’une de leurs influences majeures, et on entend pourquoi : il y a dans son jeu une expressivité directe et une beauté sonore qui touchent l’auditeur sans médiation.
Sur In the Skies, ce jeu est présent avec toute sa sensibilité caractéristique. Green ne cherche pas à prouver qu’il peut jouer vite ou fort : il cherche à dire quelque chose avec chaque note, à faire de chaque phrase une déclaration musicale qui a du sens et de l’émotion.
Le blues comme langage de l’âme
Green a toujours traité le blues comme un langage expressif profond plutôt que comme un style à reproduire. Son blues des années soixante-dix avec Fleetwood Mac – « Black Magic Woman », « The Green Manalishi », « Oh Well » – transcendait le cadre du blues pour aller chercher quelque chose de plus universel, un sentiment d’aspiration et de mélancolie qui touche au-delà des amateurs du genre.
Sur son album solo de 1979, ce rapport au blues est plus intimiste, plus direct. Il ne cherche pas les grandes constructions des années Fleetwood Mac : il joue simplement, avec ses musiciens, dans un contexte plus dépouillé qui laisse la guitare parler directement.
Les musiciens qui l’entourent
Green est entouré sur cet album de musiciens qui comprennent ce qu’il cherche et qui le soutiennent avec discrétion. Pas de virtuosité démonstrative, pas d’arrangements qui écraseraient le son dépouillé que Green veut pour cet album : juste une section rythmique solide, quelques claviers discrets, et l’espace nécessaire pour que la guitare de Green respire.
Le sens d’un retour
Le retour de Peter Green dans la musique est accueilli avec une chaleur considérable par tous ceux qui connaissent la profondeur de son talent. In the Skies n’essaie pas d’être un événement commercial spectaculaire : c’est un musicien qui revient à ce qu’il aime faire, jouer de la guitare blues, et qui le fait avec la même sensibilité que celle qui avait fait sa réputation une décennie plus tôt.
C’est un album pour les amateurs de guitare qui savent apprécier la qualité d’un son et la profondeur d’une expression musicale au-delà du spectacle et de l’effet. En ce sens, il est fidèle à tout ce que Peter Green représente dans l’histoire du rock britannique.
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