En pleine révolution punk, Foreigner pérennise une pop hard conventionnelle. Le groupe est formé autour de Mick Jones (ex-guitariste et orchestrateur de J. Hallyday, compositeur de « Ma jolie Sarah ») et du chanteur américain Lou Gramm. Un premier album efficace et accrocheur.
L’Anglais, l’Américain et la formule gagnante
Michael Jones naît à Londres en 1944. Il joue de la guitare depuis l’adolescence, passe par Spooky Tooth (groupe de rock progressif britannique) avant une collaboration prolongée avec Johnny Hallyday en France, où il compose et arrange plusieurs de ses grands succès. Cette expérience française lui donne une sensibilité mélodique pop que ses collègues de rock dure n’ont généralement pas : il sait écrire des refrains accrocheurs, des mélodies qui restent en tête.
Lou Gramm (né Louis Grammatico) est originaire de Rochester, New York. Sa voix de ténor puissante et claire, capable de monter dans des registres élevés avec une aisance qui trahit une formation vocale sérieuse, est exactement ce dont Jones a besoin pour porter ses compositions. Ensemble, ils fondent Foreigner à New York en 1976 avec quatre autres musiciens, trois Britanniques et un Américain, d’où le nom du groupe.
Feels Like the First Time et Cold as Ice
« Feels Like the First Time » est le premier single de l’album et la chanson qui définit immédiatement le son de Foreigner : une intro de guitare reconnaissable, un refrain construit pour la radio, une production propre qui ne sacrifie pas la puissance pour la lisibilité. La chanson atteint le numéro quatre du Billboard américain en 1977. C’est une entrée en matière remarquable pour un groupe qui n’existait pas l’année précédente.
« Cold as Ice » est peut-être la chanson la plus caractéristique de Foreigner : une mélodie de claviers qui s’installe immédiatement, un riff de guitare qui entre dans le refrain avec la précision d’une pièce d’horlogerie, et la voix de Gramm qui monte avec une aisance qui ne semble jamais forcer. Les paroles sont directes, sans ambiguïté : une accusation adressée à une personne froide et calculatrice. La chanson atteint le numéro six du Billboard.
La durabilité d’une formule honnête
Foreigner n’a jamais été un groupe de critiques. La presse rock des années 70 les considère comme trop commerciaux, trop prévisibles, trop lisses. Ce jugement sévère ignore ce qui rend leur musique efficace : la qualité de l’écriture de Jones, qui connaît assez la musique pour construire des chansons qui tiennent la distance, et la qualité vocale de Gramm, qui peut chanter n’importe quoi et le rendre crédible.
Les albums suivants, en particulier « Double Vision » (1978) et « 4 » (1981), avec « Waiting for a Girl Like You » et « I Want to Know What Love Is », porteront Foreigner à des niveaux de succès commercial encore supérieurs. Ce premier album est le début d’une carrière qui va prouver que la pop-rock bien faite n’a pas besoin de l’approbation des critiques pour durer : elle a juste besoin d’être bien faite.
Plus de FOREIGNER
Voir la fiche artiste →La note des passionnés
Pas encore noté
Donnez votre note
Continuer l'exploration




