Brilliant Trees, David SYLVIAN (1984) : la beauté solitaire
David Sylvian – né David Batt à Londres – est l’une des personnalités les plus raffinées et les plus esthétiquement exigeantes du post-punk britannique. Chanteur et compositeur principal de Japan, groupe new wave-art qui a développé une esthétique visuelle et sonore d’une sophistication rare, il entame après la dissolution du groupe en 1982 une carrière solo d’une cohérence et d’une profondeur artistiques remarquables. Brilliant Trees, premier album solo sorti en 1984 chez Virgin Records, est la déclaration de cette nouvelle direction.
La voix de la délicatesse
David Sylvian est l’un des chanteurs les plus délicats et les plus atmosphériques du rock britannique. Sa voix – basse, légèrement voilée, avec une façon de placer les mots qui les fait flotter dans l’espace plutôt que de les articuler sèchement – est l’instrument le plus important de sa musique. Elle crée une atmosphère de contemplation et d’introspection qui est immédiatement identifiable.
Sur Brilliant Trees, il collabore avec des musiciens d’exception – Ryuichi Sakamoto de Yellow Magic Orchestra, Mark Isham à la trompette, Holger Czukay de Can – dont la présence enrichit les compositions sans les dominer.
Red Guitar : l’influence japonaise
« Red Guitar » est l’une des chansons qui illustre le mieux l’influence de la musique japonaise et de l’esthétique wabi-sabi sur la vision artistique de Sylvian – une beauté dans l’imperfection et dans le silence.
Brian Eno comme influence
L’influence de Brian Eno est palpable sur cet album – son approche de la musique ambiante comme espace de contemplation plutôt que de spectacle correspond parfaitement à la vision de Sylvian.
La quête spirituelle
Sylvian développera tout au long de sa carrière une dimension spirituelle et philosophique – des explorations du bouddhisme et du zen – qui donne à sa musique une profondeur inhabituelle dans le contexte pop.
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