X, INXS (1990) : confirmer l’inconfirmable
Comment succeder a un monument ? Avec Kick en 1987, les Australiens d’INXS avaient signé un disque parfait, une machine a tubes qui les avait propulsés au sommet mondial. Trois ans plus tard, la pression est immense. Le groupe répond avec X, son dixieme album, dont le titre, le chiffre romain dix, affiche fierement cette longevité. Un disque solide qui confirme, sans tout a fait l’égaler, le statut de superstars conquis par le precedent.
Michael Hutchence, charisme absolu
Au centre du groupe rayonne Michael Hutchence, l’un des frontmen les plus charismatiques de sa generation. Sex-symbol felin, voix sensuelle et puissante, presence scenique magnetique : le chanteur incarne le rock star dans toute sa splendeur. Sur X, il deploie tout son magnetisme, cette capacité a rendre chaque chanson érotique et urgente. Difficile de detacher les yeux et les oreilles de ce performeur né, dont le destin tragique quelques annees plus tard ajoutera une aura de legende.
Suicide Blonde, le single qui claque
Le morceau phare, c’est « Suicide Blonde ». Porté par un riff nerveux et un harmonica mordant joué par le bluesman Charlie Musselwhite, le titre devient un succes immediat. Le titre, inspiré d’une expression de l’actrice Kylie Minogue alors compagne de Hutchence, designe les blondes peroxydées. Le morceau respire le sexe et le danger, conjuguant la funkitude rock du groupe a une energie irresistible. Du grand INXS.
La signature Farriss-Hutchence
Comme toujours chez INXS, la magie nait du tandem entre Michael Hutchence et le multi-instrumentiste Andrew Farriss, veritable cerveau musical du groupe. Ensemble, ils continuent de cultiver cette formule unique : un rock dansant, funky, traversé de soul et de pop, taillé pour les stades comme pour les pistes de danse. « Disappear » et « By My Side » prolongent cette veine mélodique et accrocheuse qui a fait le succes du groupe.
Le poids du precedent
Il faut bien reconnaitre que X souffre un peu de la comparaison avec l’imbattable Kick. Le disque est excellent, professionnel, riche en bons morceaux, mais il lui manque peut-etre cette poignée de tubes imparables qui avaient fait du precedent un phénomene planetaire. C’est le lot des groupes qui ont touché la perfection : tout ce qui suit semble forcément un cran en dessous, meme quand le niveau reste tres élevé.
Le sommet d’une carriere
Avec le recul, X apparait comme l’un des derniers grands disques de la période faste d’INXS, avant que le groupe ne connaisse un déclin progressif et que la disparition de Michael Hutchence en 1997 ne vienne sceller tragiquement son histoire. Ce disque capture le groupe encore au sommet de sa forme, porté par un chanteur au charisme intact. Reécoutez « Suicide Blonde » : son énergie funky et sexy rappelle pourquoi INXS fut, le temps de quelques années dorées, l’un des plus grands groupes de rock de la planete. Les Australiens regnaient, et Hutchence brillait de mille feux.
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