Their Satanic Majesties’ Second Request
Une tribu psychédélique
Il existe des groupes qui ressemblent davantage à des aventures collectives qu’à des formations classiques. The Brian Jonestown Massacre est de ceux-là. Avec « Their Satanic Majesties’ Second Request », paru en 1996, ce véritable gang ou tribu californienne livre l’un de ses sommets. Le groupe est une entité mouvante, traversée par une multitude de musiciens : une quarantaine se succéderont en son sein au cours des années 90.
Cette instabilité chronique, ce flux incessant de membres, fait partie intégrante de l’identité du groupe. Mais au coeur de ce tourbillon, deux figures demeurent constantes : le guitariste-chanteur Anton Newcombe et le bassiste Matt Hollywood, autour desquels gravite toute l’aventure. Ces deux piliers donnent au groupe sa cohérence et sa direction, malgré le ballet permanent des collaborateurs. C’est autour d’eux que se cristallise la vision artistique du collectif.
L’indépendance farouche
The Brian Jonestown Massacre se distingue par une indépendance farouche, un refus catégorique des compromis et des circuits commerciaux établis. Le groupe cultive une posture résolument anti-conformiste, à rebours des stratégies de carrière et des calculs de l’industrie musicale. Cette liberté revendiquée, cette intransigeance, sont au coeur de son identité et de sa légende.
Cette indépendance a un prix : le groupe est resté longtemps en marge, ignoré du grand public, réservé à un cercle d’amateurs avertis. Mais cette confidentialité est aussi le gage d’une authenticité totale. The Brian Jonestown Massacre n’a jamais cherché à plaire ni à se vendre : il a suivi sa propre voie, fidèle à sa vision, au mépris des conséquences. Cette intégrité absolue force le respect et explique l’aura culte qui entoure le groupe et ses disques.
L’obsession des années 60
La marque de fabrique de The Brian Jonestown Massacre est son attachement original, et quasi obsessionnel, au psychédélisme des années 60. Le groupe voue un culte à cette époque dorée de la musique, à ses sonorités, à son esprit. Cette dévotion n’a rien de tiède : elle confine à l’obsession, à la résurrection passionnée d’un âge d’or musical révolu.
Cet amour du psychédélisme sixties s’accompagne d’une fascination particulière pour les Rolling Stones de cette période. Le titre même de l’album, qui détourne celui d’un disque culte des Stones, en témoigne avec malice. The Brian Jonestown Massacre ne cache pas ses références : il les revendique, les célèbre, les fait revivre. Cette filiation assumée, ce dialogue constant avec le passé, donnent à sa musique une couleur intemporelle et un charme rétro irrésistible.
Un voyage dans le temps
Musicalement, « Their Satanic Majesties’ Second Request » est un véritable voyage dans le temps. Le groupe recrée avec une fidélité confondante les sonorités et les atmosphères du psychédélisme des années 60 : guitares chatoyantes, mélodies planantes, ambiances oniriques. On se croirait transporté à l’époque bénie où la musique explorait de nouveaux horizons sensoriels et spirituels.
Mais cette reconstitution n’est jamais servile. The Brian Jonestown Massacre s’approprie ce langage pour exprimer sa propre sensibilité, son propre univers. Le groupe ne fait pas du pastiche : il prolonge et réinvente une tradition, lui insufflant une énergie et une conviction nouvelles. Cette capacité à faire revivre le passé tout en y mettant sa patte fait toute la singularité de l’album. C’est un disque hors du temps, qui transcende les époques.
Le génie d’Anton Newcombe
Au coeur de l’aventure se trouve la personnalité hors norme d’Anton Newcombe, leader, compositeur et âme du groupe. Ce musicien prolifique et perfectionniste, à la réputation aussi sulfureuse que son talent est immense, est le véritable cerveau de The Brian Jonestown Massacre. Sa vision, son obsession, son génie irriguent toute la musique du collectif.
Newcombe est un personnage complexe et fascinant, capable du meilleur comme du pire, mais animé par une passion sincère et dévorante pour la musique. C’est lui qui maintient le cap au milieu du chaos, qui donne au groupe sa direction et sa cohérence. « Their Satanic Majesties’ Second Request » porte partout sa marque, son amour du psychédélisme, son intransigeance artistique. Sans Newcombe, le groupe ne serait rien ; avec lui, il atteint des sommets de beauté hallucinée.
Un sommet du néo-psychédélisme
Avec cet album, The Brian Jonestown Massacre signe l’un des sommets de sa discographie et du néo-psychédélisme des années 90. Le disque incarne à la perfection l’esthétique du groupe, son amour des années 60, son indépendance farouche. Il demeure une référence pour tous les amateurs de musique psychédélique et de rock alternatif aventureux.
Pour qui veut découvrir l’univers singulier de ce groupe culte, « Their Satanic Majesties’ Second Request » est un point d’entrée idéal. Il offre un condensé de tout ce qui fait la grandeur et l’originalité de la formation : la résurrection du psychédélisme, l’intégrité artistique, le génie d’Anton Newcombe. C’est un disque envoûtant, hors du temps, qui transporte l’auditeur dans un voyage sensoriel et nostalgique. Un trésor caché du rock des années 90.
Le verdict
« Their Satanic Majesties’ Second Request » est l’un des sommets de The Brian Jonestown Massacre, véritable tribu californienne traversée par une quarantaine de musiciens et gravitant autour d’Anton Newcombe et Matt Hollywood. Farouchement indépendant, le groupe se distingue par un attachement quasi obsessionnel au psychédélisme des années 60 et aux Stones de cette époque. Véritable voyage dans le temps porté par le génie de Newcombe, c’est un sommet du néo-psychédélisme des années 90.
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